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Malgré une évolution globalement favorable de la végétation sur une bonne partie du territoire, plusieurs zones du Nord et du Centre présentent des signes de fragilité; comme en atteste le bulletin d’informations pastorales coordonné par la Direction de l’Élevage du Sénégal ; Ministere de l’Agriculture de la souverainete alimentaire et de l’Elevage.et validé par le Comité pastoral lors de sa réunion d’octobre 2026.La disponibilité de l’eau, les risques de déficit fourrager, la progression des suspicions de maladies animales et le recul des prix du bétail figurent parmi les principaux points de vigilance relevés par le Bulletin d’informations pastorales n° 64 de septembre 2026.La situation pastorale de septembre 2026 appelle à une vigilance accrue, particulièrement dans les zones septentrionales et centrales du Sénégal. Le Bulletin d’informations pastorales n° 64 met en évidence des disparités dans le développement de la végétation, des niveaux de remplissage des mares parfois faibles et des risques de déficit fourrager dans certaines zones. Ces constats interviennent dans un contexte marqué par des mouvements importants de troupeaux et une situation sanitaire préoccupante.Des conditions de végétation contrastéesÀ la deuxième décade de septembre, le développement de la végétation se poursuit globalement dans des conditions moyennes à favorables sur l’ensemble du territoire national. Une amélioration est observée par rapport à la décade précédente dans la quasi-totalité du pays.Toutefois, une baisse des valeurs de l’indice de végétation NDVI est enregistrée dans les départements de Linguère, Saraya et Bignona. Ces évolutions pourraient être liées aux déficits pluviométriques observés au cours des dernières décades.L’analyse de l’indice des conditions de végétation (VCI) révèle également une dégradation des conditions de croissance sur une grande partie du territoire, même si certaines zones de Casamance conservent des conditions favorables.Le démarrage de la croissance végétale est globalement normal à légèrement précoce dans une bonne partie du pays. Des retards d’une à deux décades sont néanmoins relevés dans plusieurs localités du Nord et du Centre, notamment dans les départements de Louga, Linguère, Podor, Malem Hodar, Koungheul, Koumpentoum et Goudiry, ainsi que dans ceux de Dagana, Matam et Birkilane.Ces disparités justifient un suivi rapproché des ressources fourragères, notamment dans les zones pastorales où les troupeaux dépendent fortement des pâturages naturels.Eau et pâturages : des points de vigilance à l’approche de la fin de l’hivernageL’accès à l’eau demeure globalement satisfaisant dans la zone agrosylvopastorale. Sur les 1 373 forages recensés, 1 350 sont fonctionnels, soit un taux de disponibilité de 98,32 %. Les brigades de Ranérou Ferlo, Goudiry et Linguère affichent un taux de fonctionnalité de 100 %, tandis que celle de Matam présente le taux le plus faible, avec 97,11 %.Malgré cette situation relativement favorable, la disponibilité des eaux de surface constitue un sujet de préoccupation. Selon les données de la plateforme WENDOU, fondées sur l’analyse d’images satellitaires, le niveau de remplissage des mares au 24 septembre reste faible dans plusieurs secteurs des départements de Dagana, Podor, Linguère et Koungheul.Les mares demeurent pourtant une source essentielle d’abreuvement pour les troupeaux dans plusieurs localités. Leur dépendance aux précipitations rend nécessaire une surveillance régulière, particulièrement à mesure que s’achève la saison des pluies.Le bulletin recommande ainsi de renforcer le suivi de la disponibilité et de l’accessibilité des ressources en eau afin d’anticiper d’éventuelles difficultés d’abreuvement.Des concentrations de bétail qui appellent à la vigilanceLes plus fortes concentrations animales sont signalées à Labgar, dans le département de Linguère, à Darou Mousty, dans celui de Kébémer, et à Missirah, dans le département de Koumpentoum. D’autres concentrations importantes sont relevées à Dodel, Niassanté, Dahara-Thiamène, Galoya, Payar, Sinthiou Malem et Ngabou.Les arrivées de transhumants observées en août à Darou Mousty et Galoya témoignent de l’attractivité de ces zones pastorales, favorisée par l’installation de l’hivernage.À l’inverse, les départs de troupeaux depuis certaines zones du bassin arachidier traduisent un retrait progressif des espaces agricoles.Cette concentration du bétail dans le Nord et le Nord-Est impose une attention particulière à la disponibilité des pâturages et de l’eau, mais aussi à la prévention des conflits liés à l’accès aux ressources naturelles.Le bulletin fait également état de cas de vols de bétail dans le Nord et le Centre, notamment à Nianga-Bokhol, Thillé Boubacar, Galoya, Wendou Loumbel, Ndiago, Ndiaffate, Ndioum Gainth et Payar. Il rappelle que les vols et les pertes de bétail constituent deux phénomènes distincts, qui nécessitent des réponses adaptées.La dermatose nodulaire contagieuse bovine en tête des suspicions sanitairesLa situation zoosanitaire représente un autre point majeur de vigilance. Au cours du mois de septembre, 1 055 foyers de suspicion de maladies animales ont été rapportés sur un effectif sensible de 205 271 animaux, dont 23 580 malades et 2 000 morts.La dermatose nodulaire contagieuse bovine arrive en tête des pathologies recensées, avec 342 foyers de suspicion. Elle est suivie par la fièvre aphteuse bovine et ovine, avec 114 foyers, la pasteurellose bovine, ovine et caprine, avec 110 foyers, la gourme équine, avec 67 foyers, et le botulisme touchant notamment les ânes, les bovins, les équins et les ovins, avec 45 foyers.Dans la zone sylvopastorale et de transit, 466 foyers de suspicion ont été rapportés sur un effectif sensible de 92 562 animaux, avec 4 028 malades et 527 morts.Les mesures de lutte comprennent notamment la vaccination, le déparasitage, la mise en quarantaine, le nettoyage et la désinfection des locaux, l’enfouissement des cadavres ainsi que la sensibilisation des éleveurs.Le bulletin signale par ailleurs la détection du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo chez un ovin à Keur Massar Nord, après la confirmation d’un cas humain dans la même localité.Les résultats communiqués pour la campagne nationale de vaccination de 2026 témoignent également d’efforts importants de protection du cheptel. Ils font état de 6 996 711 têtes vaccinées contre la peste des petits ruminants, de 273 717 contre la peste équine, de 1 652 823 contre la maladie de Newcastle, de 2 705 945 contre la dermatose nodulaire contagieuse bovine et de 2 677 046 contre la péripneumonie contagieuse bovine. La contribution financière des éleveurs est évaluée à 783,7 millions de FCFA.Des marchés plus approvisionnés, mais des prix en baisseSur les marchés à bétail suivis, septembre se caractérise par une augmentation de l’offre et des ventes pour les bovins, les ovins et les caprins, accompagnée d’une baisse générale des prix moyens.Pour les bovins, les présentations passent de 68 477 animaux en août à 78 621 en septembre, soit une hausse de 14,81 %. Les ventes progressent de 15,24 %, pour atteindre 48 643 têtes. Malgré cette augmentation des échanges, le prix moyen recule de 471 343 à 444 676 FCFA, soit une baisse de 5,66 %.Le marché ovin suit une évolution comparable. Les présentations augmentent de 14,19 %, passant de 120 728 à 137 855 animaux, tandis que les ventes progressent de 14,66 %, pour atteindre 85 893 têtes. Le prix moyen baisse de 94 161 à 90 037 FCFA, soit un recul de 4,38 %.La progression la plus marquée concerne les caprins. L’offre augmente de 52,86 %, passant de 34 961 à 53 441 animaux, tandis que les ventes bondissent de 63,33 %, pour atteindre 38 781 têtes. Pourtant, le prix moyen diminue de 55 560 à 50 445 FCFA, soit une baisse de 9,21 %.Cette évolution traduit une augmentation des disponibilités commerciales, accompagnée d’un recul des prix moyens. Les variations restent toutefois différentes selon les espèces et les catégories d’animaux.Anticiper les risques et prévenir les crises pastoralesAu-delà du constat mensuel, le bulletin insiste sur la nécessité de transformer les informations recueillies en mesures préventives. Il recommande notamment à l’État et à ses partenaires de suivre les zones exposées au déficit fourrager, de renforcer la vaccination des chiens contre la rage et la sensibilisation des communautés, de préparer la campagne de lutte contre les feux de brousse et d’anticiper les départs précoces des troupeaux depuis les zones déficitaires.La mise en place de comités de prévention et de gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs figure également parmi les mesures préconisées.Dans un contexte où les conditions de végétation, la disponibilité des points d’eau et les mouvements du bétail évoluent rapidement, le Bulletin d’informations pastorales apparaît comme un outil de veille et d’aide à la décision. Son intérêt réside autant dans la collecte des données que dans leur utilisation pour anticiper les difficultés, protéger les moyens d’existence des éleveurs et prévenir les crise.Le principal enjeu est désormais de transformer les informations collectées en décisions rapides, ciblées et coordonnées. La pertinence du bulletin ne se mesure donc pas uniquement à la qualité de ses données, mais aussi à sa capacité à contribuer à l’anticipation des risques, à la prévention des crises et à la protection des moyens d’existence des éleveurs.En ce sens, le bulletin mensuel apparaît comme un véritable instrument de veille pastorale et d’analyse situationnelle, au service d’une gouvernance plus préventive, mieux informée et davantage ancrée dans les réalités du terrain.Journal Agropasteur ( Source : Bulletin d’informations pastorales n° 64, septembre 2026,)

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