Dans la région de Kaffrine, le reboisement ne se résume pas à une opération ponctuelle de plantation. De Keur Mbouki à Kahi, en passant par Mbeuleup, les communautés, les jeunes et les femmes prennent progressivement en main la restauration de leur environnement. Une dynamique locale qui s’inscrit dans la Campagne nationale de reboisement 2026 et donne un visage concret à la transition écologique au Sénégal.La Caravane nationale de reboisement 2026, portée par le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, a ainsi fait étape dans la région pour constater, soutenir et renforcer plusieurs initiatives communautaires.Dans la commune de Mbeuleup , la participation des populations locales apparaît comme un élément déterminant de la protection et de la restauration du couvert végétal.ainsi les jeunes ont passé à l’actionLa dynamique prend une dimension particulière dans le département de Birkelane avec l’initiative portée par les jeunes de Mbeuleup, sous l’impulsion du Conseil régional de la Jeunesse où les jeunes des communes de Mabo, Birkelane et Mbeuleup ont fait le choix de s’engager ensemble dans le reboisement, en privilégiant des espèces adaptées aux réalités écologiques de leur territoire.À Mbeuleup, plusieurs arbres ont ainsi été plantés, notamment au niveau du poste de santé, sous le Marrainage de Mme Ndeye Amy Sall, adjointe au maire.« J’ai été très heureuse d’accepter d’être la marraine des jeunes de Mbeuleup pour cette initiative de reboisement. J’ai moi-même planté mon arbre au poste de santé. Je remercie et encourage le Conseil régional de la Jeunesse et Mme la maire pour cette initiative », a-t-elle déclaré.Pour la marraine, l’enjeu dépasse largement la simple plantation d’arbres. Il s’agit de faire du reboisement un engagement collectif et durable face au changement climatique.« Nous faisons face au changement climatique. Il est donc important de sensibiliser les populations et de lutter contre les coupes abusives d’arbres. Toutes ces actions contribuent à rendre nos populations plus résilientes face aux chocs climatiques », souligne-t-elle.« Une femme, un arbre », « Un homme, un arbre »L’ambition affichée par les acteurs locaux est désormais d’aller plus loin en multipliant les initiatives de proximité. Parmi les pistes envisagées figurent notamment les opérations « Une Femme, un arbre » et « Un Homme, un arbre », avec l’objectif de faire du reboisement une responsabilité individuelle et communautaire.Les femmes occupent également une place importante dans cette dynamique. « Nos femmes sont braves, mais elles restent vulnérables face aux effets du changement climatique. Il faut donc renforcer leur capacité d’adaptation et de résilience », estime Mme Ndeye Amy Sall.Cette résilience passe aussi par le développement d’activités génératrices de revenus, notamment dans la transformation des produits locaux. L’accompagnement des femmes apparaît ainsi comme un autre levier permettant de conjuguer restauration de l’environnement, autonomisation économique et adaptation au changement climatique.« Nous sollicitons un accompagnement pour renforcer les femmes qui s’investissent dans ces activités », plaide-t-elle.Planter, mais surtout protéger et entretenirÀ Kaffrine, la mobilisation locale semble ainsi vouloir dépasser l’effet symbolique des campagnes de plantation. Les acteurs communautaires insistent désormais sur l’entretien, la protection et le suivi des plants, conditions indispensables à leur survie.Cette orientation rejoint la nouvelle doctrine nationale résumée par le slogan : « Reboiser, c’est bien. Faire pousser, c’est nous. »Une formule qui place la responsabilité des communautés au cœur de la restauration des écosystèmes. Car à Kaffrine, l’enjeu n’est plus seulement de compter le nombre d’arbres plantés. Il est désormais de savoir combien survivront, grandiront et contribueront demain à restaurer les terres et à protéger les populations.La dynamique engagée par les jeunes, les femmes, les collectivités et les communautés de Kaffrine montre ainsi que la restauration des paysages peut aussi partir du territoire, de ses villages et de ses habitants. Le véritable défi commence après la plantation : faire vivre l’arbre.Babacar Sene Journal Agropasteur
