À quelques jours de l’ouverture de la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), prévue du 17 au 28 août à Oulan-Bator, la Caravane de la Route de la Soie entame sa dernière étape en Mongolie. Cette initiative internationale de sensibilisation met à l’honneur les pâturages, les éleveurs et les solutions de restauration des terres face aux effets grandissants de la désertification et du changement climatique.Après un périple de plus de 6 000 kilomètres à travers l’Eurasie, la caravane arrive dans un pays où le pastoralisme constitue un pilier de l’identité nationale. Depuis des millénaires, la steppe mongole et la vallée de l’Orkhon, haut lieu historique des empires nomades, témoignent d’un mode de vie pastoral qui façonne encore aujourd’hui la culture, l’économie et les traditions du pays.Une mobilisation internationale en faveur des pâturages à travers la caravane lancée par la CNULCD dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des éleveurs 2026 (AIPE 2026), et qui s’inspire des anciennes routes commerciales reliant l’Asie à l’Europe. Depuis son départ de Turquie en mai, elle a traversé la Fédération de Russie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Chine.Tout au long de ce parcours, la caravane a rassemblé des éleveurs, des scientifiques, des décideurs politiques, des jeunes et des communautés locales afin de partager leurs expériences et de promouvoir des solutions concrètes pour restaurer les pâturages et renforcer la résilience face à la sécheresse.Pour la Dre Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD, cette initiative démontre que les solutions les plus efficaces naissent des territoires.« Tout au long du voyage de la Caravane de la Route de la Soie, nous avons vu comment les pays et les communautés restaurent des pâturages indissociables de leur identité, de leur culture, de leur économie et de leur mode de vie. Chaque étape a confirmé une vérité fondamentale : les populations sont au cœur de la restauration », a-t-elle déclaré.Elle a également appelé les États réunis à la COP17 à transformer ces expériences locales en actions concrètes à l’échelle mondiale, en renforçant la coopération internationale et les investissements en faveur des communautés pastorales.Le ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, Tsagaankhuu Iderbat, a rappelé que la Mongolie est à l’origine de la résolution ayant conduit les Nations unies à proclamer 2026 Année internationale des parcours et des éleveurs.Selon lui, l’arrivée de la caravane et l’organisation de la COP17 représentent une occasion unique de mettre en lumière l’importance mondiale des pâturages, les défis liés à la dégradation des terres et au changement climatique, mais aussi les connaissances ancestrales des éleveurs, essentielles pour construire des solutions durables.À l’échelle mondiale, les pâturages couvrent près de 54 % de la surface terrestre, assurent les moyens de subsistance d’environ deux milliards de personnes, fournissent près de 70 % de l’alimentation du bétail et constituent d’importants réservoirs de carbone. Pourtant, près de la moitié de ces espaces sont aujourd’hui dégradés, compromettant la biodiversité, la sécurité alimentaire et les économies rurales.En Mongolie, les pâturages occupent environ 70 % du territoire national et font vivre près d’un tiers de la population. Toutefois, près de 77 % du territoire est affecté par la dégradation des terres. Les sécheresses se multiplient, tandis que les tempêtes de sable et de poussière sont devenues trois fois plus fréquentes qu’au cours des années 1960.La crise climatique a durement frappé le pays entre 2023 et 2024. Une sévère sécheresse estivale, suivie d’un hiver exceptionnellement rigoureux, connu sous le nom de dzud, a entraîné la perte de plus de sept millions de têtes de bétail, illustrant la vulnérabilité des communautés pastorales face aux événements climatiques extrêmes.Les participants à la caravane parcourront la Mongolie pendant une semaine, du désert de Gobi aux forêts et prairies du centre du pays. Ils rencontreront des familles d’éleveurs nomades, des chercheurs, des autorités locales et des coopératives pastorales, tout en visitant plusieurs projets de restauration des terres.Le programme comprend notamment des étapes au parc national de Hustai, dans le paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, au lac Ugii, site Ramsar, ainsi qu’au festival Mini Naadam.Première des trois Conférences des Parties des Conventions de Rio prévues cette année, la COP17 de la CNULCD réunira à Oulan-Bator des représentants des gouvernements, des scientifiques, des peuples autochtones, des éleveurs, des organisations de la société civile, des entreprises et des partenaires internationaux.Les discussions porteront sur la restauration des terres, la lutte contre la désertification, la gestion de la sécheresse et la gestion durable des pâturages. Organisée durant l’Année internationale des parcours et des éleveurs, cette conférence devrait également réaffirmer le rôle stratégique des parcours dans la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité, l’atténuation des effets du changement climatique et le maintien des moyens de subsistance de millions de familles rurales à travers le monde.Babaclimat Journal Agropasteur
