La 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), tenue en Mongolie, s’est achevée sur des avancées importantes en matière de restauration des terres, de droits des pasteurs et de gouvernance foncière. Parmi les principaux résultats mis en avant figure l’adoption de l’Agenda d’action des steppes (Steppe Action Agenda).Selon le rapport publié par la Clean Climate and Environment Campaign Initiative, la COP17 a accordé une place centrale à la restauration des terres et à la nécessité de renforcer les réponses internationales face à la dégradation des sols, à la sécheresse et aux changements environnementaux.L’un des enseignements majeurs de cette COP17 réside dans la reconnaissance accrue des droits des communautés pastorales et des droits fonciers des peuples autochtones.Cette évolution traduit, selon le rapport, une volonté de mieux prendre en compte les communautés qui dépendent directement des terres et des ressources naturelles pour leur subsistance. Elle souligne également l’importance des savoirs locaux et des systèmes traditionnels de gestion des territoires dans les politiques de restauration des terres.La mobilisation des investissements privés figure également parmi les avancées relevées par le rapport. L’initiative Business4Land a notamment permis de mettre en avant le rôle que peut jouer le secteur privé dans le financement des actions de restauration des terres et de lutte contre la dégradation des écosystèmes.Pour les auteurs du rapport, l’implication des entreprises et des investisseurs constitue un levier essentiel pour passer des engagements internationaux à des interventions concrètes à grande échelle.Malgré ces avancées, les négociations ont également été marquées par des divergences politiques, notamment autour de la question d’un financement obligatoire dédié à la sécheresse.Cette question demeure sensible dans les négociations internationales, alors que les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus sévères dans de nombreuses régions du monde. Le débat porte notamment sur la nécessité de garantir des ressources financières prévisibles permettant aux pays et aux communautés vulnérables d’anticiper les crises et de renforcer leur résilience.Le rapport appelle par ailleurs à renforcer les protections juridiquement contraignantes et à promouvoir des politiques mondiales davantage coordonnées.Pour ses auteurs, les engagements diplomatiques adoptés lors des conférences internationales ne pourront produire pleinement leurs effets que s’ils sont traduits en politiques nationales, en mécanismes financiers opérationnels et en actions concrètes de restauration des sols.L’enjeu est donc désormais de réduire l’écart entre les décisions prises au plus haut niveau et leur mise en œuvre sur le terrain, notamment dans les communautés rurales, pastorales et agricoles.À travers l’Agenda d’action des steppes, la COP17 ouvre ainsi une nouvelle étape dans les efforts internationaux en faveur de la restauration des terres. La question n’est plus seulement de fixer des objectifs, mais de garantir les moyens politiques, financiers, juridiques et techniques nécessaires à leur réalisation.Le rapport de la Clean Climate and Environment Campaign Initiative se veut ainsi à la fois un bilan des négociations internationales de la COP17 et un appel à l’action en faveur d’une gouvernance environnementale durable.L’enjeu pour les prochaines années sera de transformer les engagements de la COP17 en résultats mesurables : des terres restaurées, des sols régénérés, des communautés mieux protégées et des systèmes pastoraux et agricoles plus résilients face aux changements climatiques.Babaclimat Journal Agropasteur
