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De la reconnaissance du patrimoine immatériel à l’Année internationale du pastoralisme : une dynamique devenue difficilement réversible sur laquelle la Rubrique « Oeil Du Pasto revient pour ce mois de mois de Septembre 2026 avec Christian et Babacar.En l’espace de quatre ans, le pastoralisme semble avoir franchi un nouveau cap. De la reconnaissance internationale de la transhumance à l’inscription du pastoralisme au cœur des agendas politiques et territoriaux, la période 2022-2026 aura été marquée par une succession d’initiatives, de décisions et de débats qui témoignent d’une véritable montée en puissance du secteur.Pour Christian Louis, directeur de TERATER, cette évolution constitue une « percée fulgurante » du pastoralisme. Une dynamique qui, au fil des années, a progressivement dépassé le seul cadre de l’élevage pour s’imposer comme un enjeu de territoires, de mobilité, de coopération, d’environnement et de résilience face aux changements climatiques.2022 : la transhumance entre au patrimoine de l’Humanité et a constitué un premier tournant majeur. La transhumance est alors inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité, consacrant une pratique pastorale ancestrale et reconnaissant sa valeur culturelle, sociale et économique.Cette reconnaissance internationale contribue à changer le regard porté sur la mobilité pastorale. Loin d’être considérée uniquement comme une nécessité liée à la recherche de pâturages et de points d’eau, la transhumance apparaît davantage comme un système de gestion des territoires et des ressources, reposant sur des savoirs, des pratiques et des formes anciennes de coopération.2024 : Nouakchott +10, le temps du bilan et des nouvelles orientations. Deux ans plus tard, Nouakchott +10 marque une nouvelle étape dans cette trajectoire.L’Afrique y fait le bilan des dix années écoulées et se projette vers la décennie suivante. Au centre des discussions : la mobilité pastorale et la coopération, considérées comme des leviers essentiels pour consolider l’avenir du pastoralisme.Cette rencontre contribue à replacer la mobilité au cœur des politiques pastorales. Elle rappelle également qu’aucune stratégie durable ne peut être pensée à l’échelle d’un seul territoire lorsque les parcours du bétail traversent les frontières administratives et nationales.Le pastoralisme s’affirme ainsi comme une question nécessitant davantage de concertation, de coopération transfrontalière et de gouvernance territoriale.2026 : l’ONU consacre une année au pastoralisme L’année 2026 apparaît comme l’un des points culminants de cette dynamique.La décision des Nations unies de consacrer 2026 à l’Année internationale du pastoralisme donne une visibilité mondiale sans précédent aux communautés pastorales, à leurs systèmes de production et aux défis auxquels elles sont confrontées.Cette reconnaissance prend une dimension particulière en Mongolie, où l’Année internationale du pastoralisme est célébrée dans le cadre de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD).Dans un contexte marqué par l’aggravation des épisodes de sécheresse et les effets du changement climatique, le pastoralisme apparaît plus que jamais comme un système à prendre en compte dans les stratégies d’adaptation, de résilience et de gestion durable des terres.Autre signal fort de cette année 2026 : la décision de quatre Federation Nationale des Communes Pastorales (FNCP );de créer une Fédération africaine des communes et des communes pastorales (FACP).Cette initiative traduit une évolution importante : les territoires pastoraux et leurs collectivités entendent désormais disposer d’un cadre de représentation et de coopération à l’échelle continentale.Derrière cette volonté se dessine une nouvelle conception du pastoralisme : celle d’un enjeu qui ne relève plus seulement des éleveurs et des organisations professionnelles, mais également des collectivités territoriales et de la gouvernance ‘Le Parlement a demandé au Gouvernement de réaliser, dans un délai de six mois, une étude d’opportunité sur la création d’un « Code pastoral ».Dans le même temps, une proposition de loi (PPL) consacrée au pastoralisme, à laquelle la FNCP a apporté sa contribution, devrait être déposée en septembre par un groupe de députés.L’agenda pastoral français s’annonce donc particulièrement chargé. La 41e Rencontre des acteurs du pastoralisme, organisée par l’AFP, est annoncée, tandis que le Sommet international de l’élevage se prépare également.La FNCP prévoit par ailleurs une révision de ses statuts et espère voir évoluer ceux de l’AFP, ainsi que la création d’une Fédération nationale des services pastoraux (FNSP).Autant d’initiatives qui traduisent une volonté de renforcer la représentation et la structuration du pastoralisme.Dans la région Sud-PACA, le paysage pastoral connaît lui aussi une période de transition.Les dirigeants du CERPAM en fonction depuis 2022 se sont retirés. Les nouveaux responsables, comme ceux de la Maison régionale de l’élevage (MRE), attendent désormais les décisions de la Région.Dans le même temps, l’Interparcs naturels régionaux devrait prochainement adhérer à l’ACP Sud-PACA, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération entre acteurs du pastoralisme et gestionnaires des territoires.Christian Louis a également fait état du Policy Brief du CSFD consacré au pastoralisme durable, contribuant ainsi à alimenter la réflexion sur les conditions d’un pastoralisme capable de répondre simultanément aux enjeux économiques, environnementaux et climatiques.De la reconnaissance à la transformation : une dynamique irréversible .Entre 2022 et 2026, les étapes se sont donc enchaînées : reconnaissance patrimoniale de la transhumance, bilan continental à Nouakchott, mobilisation autour de la mobilité et de la coopération, consécration internationale du pastoralisme par l’ONU, renforcement des réseaux de collectivités et évolution des cadres politiques et institutionnels en France et en Afrique.A Oulan Bator Mongolie à la COP17 Babacar Sene Directeur de Publication du Journal Agropasteur considère que l’un des faits marquants de cette COP17 2026 aura été la place accordée aux pâturages, longtemps considérés comme un enjeu sectoriel alors qu’ils constituent un élément central de l’équilibre écologique, économique et social de nombreuses régions du monde.Les pâturages couvrent environ 54 % de la surface terrestre, font vivre près de deux milliards de personnes et sont gérés par quelque 500 millions d’éleveurs. Leur préservation et leur restauration apparaissent ainsi comme des composantes essentielles de la lutte contre la dégradation des terres et de l’adaptation aux effets de la sécheresse et du changement climatique.Dés lors le pastoralisme n’est plus seulement présenté comme un mode d’élevage traditionnel à préserver. Il s’impose progressivement comme une réponse territoriale aux défis de la sécheresse, de la désertification, du changement climatique et de la gestion des espaces ruraux.Pour TERATER, cette évolution constitue une véritable percée. Reste désormais à transformer cette reconnaissance politique et institutionnelle en politiques publiques cohérentes, financements durables et dispositifs opérationnels, capables de sécuriser la mobilité des troupeaux et les conditions de vie des communautés pastorales.TERATER se félicite enfin de la décision des Nations unies d’officialiser une nouvelle carte du monde, jugée plus représentative des superficies des continents, des pays et des territoires.Pour les acteurs du pastoralisme, la question de la représentation cartographique n’est pas anodine : mieux représenter les territoires, c’est aussi mieux rendre visibles les espaces pastoraux, leurs contraintes, leurs dynamiques et leur importance dans l’équilibre des territoires.De 2022 à 2026, le pastoralisme aura ainsi parcouru un chemin considérable. La dynamique est désormais lancée. L’enjeu des prochaines années sera de savoir jusqu’où cette reconnaissance pourra se traduire dans les politiques publiques et dans la réalité quotidienne des pasteurs et des territoires.

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