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Préoccupation de la COPAGEN Sénégal portant sur les irrégularités de la récente tournée de l’Autorité Nationale de Biosécurité (ANB).Depuis le mois de mai, l’ANB est en tournée dans des régions du Sénégal pour promouvoir les biotechnologies. La Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain(COPAGEN Sénégal), regroupant des organisations paysannes, de la société civile, des chercheurs, des consommateurs et des acteurs engagés dans la préservation de labiodiversité et la souveraineté alimentaire, alerte sur la faible implication des organisationspaysannes par l’ANB, en termes d’information et de participation.On constate l’insuffisance d’information sur le calendrier de la tournée qui n’a été communiqué ni par les médias, ni à travers le site de l’ANB, limitant ainsi la possibilité pourles populations concernées de participer pleinement aux échanges. La coalition appelle donc à un renforcement de la transparence et de la participation citoyenne.La COPAGEN estime également que l’ANB s’éloigne de son rôle de régulateur pour devenir promotrice des biotechnologies. Elle devrait préserver son rôle de régulation et de préventiondes risques liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM), conformément à sa mission légale. La COPAGEN considère qu’il est important de maintenir une distinction claire entre les fonctions de contrôle et celles de promotion des biotechnologies.2. Confusion entre biotechnologies traditionnelles et modernes.La coalition attire aussi l’attention sur la nécessité de distinguer les biotechnologies traditionnelles des biotechnologies modernes. La COPAGEN reproche à l’ANB d’attribuer certains succès agricoles à des biotechnologies modernes alors qu’ils relèveraient davantage de techniques traditionnelles.En parlant de la filière mangue, l’ANB, lors de sa tournée en Casamance, a mis l’accent sur les capacités de biotechnologies modernes d’améliorer la résistance aux maladies et lesqualités gustatives des mangues. En réalité, les résultats probants, dans cette filière, ont été obtenus grâce à l’utilisation des biotechnologies traditionnelles, telles que la fermentation des sous-produits végétaux et la fabrication des biopesticides à base d’huiles essentielles issues d’arbustes locaux.Les programmes de biotechnologies modernes, opérant dans ce secteur, et utilisant les méthodes telles que la sélection assistée par les marqueurs et la génomique, sont encore austade de recherche.3. Complexité des biotechnologies.La recherche privée a développé de nombreuses biotechnologies qui commencent leur pénétration en Afrique : la transgénèse, utilisée pour la « création « des OGM agricoles, lesnouvelles technologies (CRISPR, l’édition génomique et la biologie synthétique) qui sont testées en Afrique par les projets conçus et développés ailleurs, tel que projet sur les moustiques génétiquement modifiés par la technologie d’édition génomique, de type forçagegénétique, (projet Target Malaria), qui était récemment fermé au Mali et au Burkina Faso, suite à l’opposition des populations.La COPAGEN souligne leur complexité scientifique et les nombreuses interrogations qu’elles suscitent. Les biotechnologies nécessitent l’équipement et les compétences scientifiques très avancées, encore rares en Afrique de l’Ouest. Le secteur des biotechnologies s’appuie fortement sur le système des brevets, ce qui complique davantage la recherche africaine, à cause de difficultés d’accès au matériel génétique breveté.4. Problématique de l’étiquetage.La question de l’étiquetage des produits contenant des OGM constitue également une préoccupation majeure. Au Sénégal, les populations consomment par ignorance, ou plutôtpar manque d’information, du soja et du maïs OGM importés, vendus sans étiquetage, ce qui est contraire à la réglementation sénégalaise en vigueur dans le pays.5. Consommation d’OGM et de leurs dérivés.Par ailleurs, la coalition souligne que les importations de maïs et de soja OGM, provenant de pays grands producteurs mondiaux d’OGM (l’Argentine, le Brésil et les États-Unis), destinées à l’alimentation animale ou à l’industrie agroalimentaire peuvent également se retrouver dansla consommation humaine. Cette situation renforce, selon elle, la nécessité d’une meilleuretraçabilité et d’un contrôle plus rigoureux des produits importés.Le soja, importé en tourteaux et en huile, et le maïs, importés sous forme de grains, sont destinés à l’alimentation du bétail, aux huileries et comme des matières premières del’industrie avicole. Le maïs OGM importé est souvent utilisé par l’alimentation humaine :acheté en gros dans les marchés, pour être moulu en farine et servir à la préparation de mets traditionnels sénégalais.6. Protection des semences paysannes et des droits des agriculteurs.La COPAGEN considère les OGM comme une menace pour la biodiversité agricole et lasouveraineté alimentaire. Elle évoque la possibilité de contamination des variétés locales, provoquant la pollution génétique irréversible. Le niébé Bt déjà vulgarisé au Nigéria et au Ghana, menace le Sénégal. Les semences OGM brevetées conduisent à la dépendance économique des agriculteurs envers les multinationales semencières.7. Inquiétudes de la faiblesse des capacités de contrôle.La coalition s’inquiète enfin de la faiblesse des capacités nationales de contrôle, notamment en matière de suivi environnemental, de traçabilité et le contrôle des importations. Le Sénégal, à l’instar de beaucoup de pays africains, a une faible base de contrôle post-autorisation ; le suivi après autorisation (traçabilité, surveillance environnementale, contrôle des importations) présente un défi opérationnel. Selon elle, ces limites rendent plus difficile l’évaluation et la gestion des risques liés aux OGM.Fait le 16 juin 2026 au Sénéga

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