Le Comité national de suivi pastoral, composé des principales structures techniques de l’État et de ses partenaires, s’est réuni le 3 juin 2026 pour valider le Bulletin d’Informations Pastorales (BIP) N°60. Cette rencontre, coordonnée par le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), à travers la Direction de l’Élevage (DIREL), avec l’appui du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel Phase 2 (PRAPS 2-SN), a regroupé notamment la DPES, le SE-CNSA, la DECC, la DEFCCS, le PDEPS, l’ACF, l’AVSF, la Direction de l’Hydraulique, l’ISRA, l’ANACIM, le CSE, la DA, le CSA, la DGPRE, la DSV, la DIA, la DDEQ ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers.Le BIP N°60 met en évidence plusieurs tendances majeures qui constituent les faits saillants du mois marqués par: Un indice de température et d’humidité (ITH) sévère sur l’ensemble de la zone agro-sylvo-pastorale ;Un déficit fourrager accentué, notamment dans la zone sylvo-pastorale ;Des marchés bien approvisionnés en moutons de Tabaski ;Une hausse des prix des ovins malgré une offre abondante.Une chaleur persistante et un stress thermique élevéLes prévisions de l’Indice de Température et d’Humidité (ITH) pour le mois de juin 2026 indiquent des niveaux sévères dans l’ensemble de la zone agro-sylvo-pastorale, avec des valeurs supérieures à 80 %. Cet indice permet d’évaluer le niveau de stress thermique subi par les animaux d’élevage.Les éleveurs sont invités à limiter les déplacements du bétail durant les heures les plus chaudes, à assurer un abreuvement régulier des animaux et à privilégier les zones ombragées.L’on note aussi une baisse encourageante dés feux de feux : mais aussi un accès à l’eau globalement satisfaisant et une situation zoosanitaire avec une vigilance renforcée ainsi que des résultats satisfaisants pour la campagne de vaccination. Les prévisions météorologiques annoncent également une persistance de fortes chaleurs, avec des températures pouvant atteindre 43 à 44°C dans les zones sylvo-pastorales et agro-sylvo-pastorales.Concernant la pluviométrie, un temps globalement stable a été observé du 1er au 6 juin. Toutefois, des pluies faibles à modérées accompagnées d’orages étaient attendues entre le 7 et le 10 juin dans les régions de Kolda, Sédhiou, Ziguinchor, Kédougou, Tambacounda, Kaffrine, Kaolack et Fatick.Le bilan fourrager du mois de mai reste quasiment identique à celui du mois d’avril, avec 23 départements déficitaires sur les 42 suivis.Dans les zones éco-géographiques sylvo-pastorale et de la vallée du fleuve Sénégal, seuls les départements de Ranérou et Kanel affichent des bilans excédentaires. En Casamance et au Sénégal oriental, les départements de Bounkiling et Vélingara ont enregistré une légère baisse de la disponibilité fourragère.Face à cette situation, un appui en aliments de bétail est recommandé dans les départements les plus touchés jusqu’à la reconstitution des ressources pastorales.Concernant les Feux de brousse l’on note que durant le mois de mai, 230 cas de feux de brousse ont été enregistrés, affectant 38 464,8 hectares. Comparativement au mois d’avril, qui avait enregistré 334 cas pour 103 608,1 hectares brûlés, une baisse significative est observée.Depuis le début de la campagne de lutte contre les feux de brousse, le 17 octobre 2025, jusqu’au 31 mai 2026, 1 455 cas ont été recensés, touchant une superficie totale de 440 034,10 hectares.Cette diminution s’explique notamment par la réduction du combustible végétal sec et les efforts de prévention, notamment l’ouverture et l’entretien des pare-feux.Un accès à l’eau globalement satisfaisant qui dénote que sur les 1 373 forages recensés dans la zone agro-sylvo-pastorale, 1 341 sont fonctionnels, soit un taux de disponibilité de 97,67 %.La Brigade des Puits et Forages (BPF) de Goudiry affiche un taux de fonctionnalité de 100 %, tandis que celle de Tambacounda enregistre le taux le plus faible avec 95,57 %.Les services techniques recommandent aux populations de signaler rapidement toute panne aux BPF, à l’Office des Forages Ruraux (OFOR) ou aux Délégations de Service Public (DSP).Les forages demeurent la principale source d’abreuvement du bétail. Toutefois, l’utilisation des mares a été signalée à Orkadiéré (Kanel), tandis que les puits restent utilisés dans certaines localités de Tambacounda, notamment à Gabou.La période de soudure est marquée par d’importants mouvements de bétail du nord vers le sud du pays.Les plus fortes concentrations ont été observées au Ranch de Doli, à Gainthe Kaye (Kaolack) et à Payar (Koumpentoum). Des arrivées massives ont également été signalées à Darou Mousty ainsi que dans plusieurs localités frontalières recevant du bétail en provenance de la Mauritanie.Cette situation accentue la pression sur les ressources pastorales dans les zones d’accueil.Pour la Situation zoosanitaire ,au cours du mois, 423 foyers de suspicion de maladies animales ont été signalés sur un effectif sensible de 85 877 têtes, dont 12 962 malades et 1 197 morts.Les principales pathologies recensées sont :La clavelée et la variole caprine ;La pasteurellose bovine, ovine et caprine ;La gourme équine et asine ;La distomatose/fasciolose ;Le botulisme.Par ailleurs, le Laboratoire national de l’Élevage et de Recherches vétérinaires (LNERV) a confirmé, le 21 mai 2026, un foyer d’Influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) dans une exploitation avicole située à Liberté VI Extension à Dakar.Des mesures strictes de biosécurité ont immédiatement été mises en œuvre, notamment l’abattage sanitaire des animaux infectés, l’enfouissement et l’incinération des cadavres ainsi que la désinfection complète du site.Pour la campagne de vaccinationdes résultats satisfaisants ont été notés .ainsi au 4 mai 2026, les résultats provisoires de la campagne nationale de vaccination révèlent :6 793 205 ovins et caprins vaccinés contre la Peste des Petits Ruminants (PPR) ;263 452 chevaux vaccinés contre la Peste Équine ;1 597 886 volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle ;2 677 211 bovins vaccinés contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine ;2 656 945 bovins vaccinés contre la Péripneumonie Contagieuse Bovine.Les taux de réalisation et de couverture vaccinale sont jugés globalement satisfaisants.Le mois de mai a été marqué par une forte activité des marchés à bétail en préparation de la Tabaski.Sur un objectif national de 900 000 moutons, 1 069 356 têtes ont été présentées sur les marchés, soit un taux de réalisation de 118,82 %, contre 987 306 en 2025.Les importations ont atteint 455 006 moutons, dont 84,62 % en provenance de la Mauritanie.Malgré cette abondance de l’offre, 143 497 moutons sont restés invendus après la fête.Pour la Tabaski 2026 les marchés sont bien approvisionnés mais avec des prix élevés Les opérateurs attribuent cette situation à la hausse des prix, liée notamment au coût élevé de l’aliment de bétail et du transport, dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat des ménages.L’État a mis en œuvre plusieurs mesures d’accompagnement, notamment l’exonération des taxes sur les moutons de Tabaski, la mise à disposition d’aliment bétail subventionné et le financement de projets d’embouche à travers le FONSTAB et ses partenaires.RecommandationsLe Comité national recommande :De diligenter les autorisations de commande d’aliments de bétail dans le cadre de l’Opération de Sauvegarde du Bétail (OSB) ;De mettre à disposition les semences fourragères à temps ;D’augmenter les superficies des périmètres fourragers ;De renforcer la surveillance épidémiologique active et passive dans les marchés à bétail et les exploitations avicoles.Face à la persistance du déficit fourrager, à la pression croissante sur les ressources naturelles et aux risques sanitaires, les acteurs du secteur pastoral sont appelés à maintenir leur vigilance afin de préserver les moyens d’existence des éleveurs et la résilience des systèmes pastoraux.Babacar sene journal Agropasteur
