0 9 minutes 2 heures
Spread the love

Les pays ayant approuvé la Déclaration de Mombasa lors de la 11e édition de la Conférence internationale « Our Ocean » ont envoyé un signal fort à la communauté internationale ; la transparence est désormais considérée comme un levier indispensable pour préserver la santé des océans et garantir des pêches durables.Réunis à Mombasa, au Kenya, quatorze pays issus d’Afrique, d’Asie, des Caraïbes, d’Europe et du Pacifique ont adopté, ce mercredi, la Déclaration de Mombasa. Par cet engagement, ils entendent faire progresser la transparence dans le secteur de la pêche à l’échelle mondiale et renforcer la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), selon un communiqué transmis à notre rédaction.La Déclaration de Mombasa constitue un appel à l’action adressé aux États côtiers et aux États du pavillon afin de promouvoir une meilleure gouvernance des ressources halieutiques. Elle met notamment l’accent sur l’amélioration de la collecte et de la diffusion des informations relatives aux navires de pêche ainsi que sur un accès accru aux données du secteur.Selon le communiqué, cette initiative vient renforcer la dynamique autour de la Charte mondiale pour la transparence dans le secteur de la pêche, qui définit dix principes politiques à faible coût, voire sans coût, que les gouvernements peuvent intégrer dans leurs législations et leurs pratiques administratives.La Déclaration a été approuvée par une coalition composée de la Belgique, du Cameroun, de la République dominicaine, de la France (au nom de ses territoires d’outre-mer), de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, du Liberia, du Panama, de la Papouasie Nouvelle-Guinée, du Pérou, de la République du Congo, de la Somalie et de la Corée du Sud.Une coalition internationale engagée à travers un engagement où ces nations affirment leur volonté de renforcer la gouvernance des océans et de promouvoir la transparence dans le secteur de la pêche. L’adoption officielle du texte marque également le lancement d’une campagne destinée à rallier de nouveaux pays avant la prochaine Conférence « Our Ocean », prévue en 2027.Les communautés côtières, les pêcheurs artisanaux et les économies fortement dépendantes des ressources marines subissent les conséquences directes de la pêche INN. Celle-ci menace les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la santé des écosystèmes océaniques.La Déclaration de Mombasa entend répondre à ces défis en encourageant des mesures concrètes de transparence, notamment l’amélioration de l’accès aux informations sur la propriété des navires, les licences de pêche et les activités menées en mer. C’est véritablement une réponse aux défis de la pêche illégale’L’objectif est de renforcer la redevabilité et de favoriser une gestion plus durable et plus équitable des ressources marines.Le Ghana souligne l’importance stratégique du secteur; ainsi l’honorable Emelia Arthur, ministre de la Pêche et de l’Aquaculture du Ghana, a rappelé à Mombasa que le poisson constitue une ressource vitale pour son pays.« Soixante pour cent des protéines animales consommées au Ghana proviennent du poisson, tandis que 10 % de la population dépend directement de la chaîne de valeur de la pêche pour sa subsistance », a-t-elle indiqué.La ministre s’est félicitée de voir son pays figurer parmi les premiers signataires de la Déclaration de Mombasa, estimant qu’elle offre aux gouvernements une plateforme commune pour affirmer leur engagement en faveur de la transparence dans le secteur halieutique.La France plaide pour une coopération renforcée. Mme Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche de la France, a souligné que son pays était fier de soutenir la Déclaration de Mombasa par l’intermédiaire de ses pays et territoires d’outre-mer.Selon elle, il est impossible de lutter efficacement contre la pêche INN sans davantage de transparence et sans une coopération internationale renforcée. Elle a également exprimé le souhait que de nombreux autres États rejoignent cette initiative afin de faire de la transparence une norme mondiale.Des réformes concrètes attenduesÉlaborée avec l’appui de la Coalition pour la transparence des pêches et de plusieurs partenaires universitaires et professionnels, la Déclaration prévoit une série de réformes concrètes.Les pays signataires s’engagent notamment à moderniser les registres de navires, à publier les autorisations de pêche et à renforcer le partage d’informations afin d’améliorer l’application des lois et la responsabilisation dans l’ensemble du secteur.Un coût économique estimé à 50 milliards de dollars par anSelon le communiqué final de Mombasa, la pêche INN représente un défi mondial majeur qui fragilise les communautés côtières, fausse les marchés et affaiblit la gouvernance des océans.Les experts estiment que ce phénomène coûte jusqu’à 50 milliards de dollars par an à l’économie mondiale. Il prive également les pêcheurs légitimes, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, de revenus essentiels et d’un accès équitable aux ressources halieutiques.La même source souligne que la pêche illégale contribue au déclin des stocks de poissons, menace la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, tout en étant souvent associée à de graves violations des droits humains, notamment le travail forcé et des conditions de travail dangereuses.Pour Mme Maisie Pigeon, directrice de la Coalition pour la transparence des pêches, une économie bleue productive et durable repose nécessairement sur une gouvernance océanique solide, un suivi efficace et des données accessibles.Beth Lowell, vice-présidente d’Oceana, estime quant à elle que la transparence est essentielle pour protéger les océans et les communautés qui en dépendent. Selon elle, la Déclaration de Mombasa démontre que les gouvernements sont désormais prêts à agir ensemble contre la pêche illégale.Steve Trent, fondateur et directeur général de l’Environmental Justice Foundation, a salué le leadership des États signataires, rappelant que la transparence demeure l’outil le plus efficace pour dénoncer les abus et soutenir les communautés côtières.De son côté, Tony Long, directeur général de Global Fishing Watch, considère que la Déclaration marque un tournant dans la lutte contre la pêche illégale. Il estime que le partage des données relatives aux navires, à leur propriété et à leurs activités permettra de réduire considérablement les zones d’ombre dont profitent les acteurs illégaux.Enfin, Antha Williams, responsable du programme Environnement de Bloomberg Philanthropies, a déclaré que les pays signataires envoient un message clair : la transparence est indispensable à la santé des océans et à la durabilité des pêches.Une édition historique pour l’AfriqueCette 11e édition de la Conférence internationale « Our Ocean » revêt une dimension historique. Pour la première fois depuis sa création, ce sommet mondial consacré à la protection des océans et au développement de l’économie bleue s’est tenu sur le continent africain.Un symbole fort qui témoigne du rôle croissant de l’Afrique dans la gouvernance mondiale des océans et dans la promotion d’une économie bleue durable et inclusive.Babacar sene journal Agropasteur

Laisser un commentaire