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Le Programme alimentaire mondial (PAM), en partenariat avec le Gouvernement du Japon et le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), a procédé au lancement officiel du projet CRAFT (Climate-Resilient Agriculture and Food Systems Transformation). Cette initiative vise à renforcer la résilience des systèmes agricoles et alimentaires face aux effets du changement climatique et à promouvoir des systèmes alimentaires durables au Sénégal.Le projet est financé conjointement par le Gouvernement du Japon et le PAM, qui en assure la coordination. Il constitue l’un des résultats concrets de la TICAD 9 et vient consolider plus de vingt-cinq années de coopération entre le Japon, le Sénégal et le PAM en faveur du développement agricole et de la sécurité alimentaire.À travers CRAFT, les partenaires ambitionnent d’accompagner la mise en œuvre de politiques agricoles résilientes, de promouvoir l’innovation, de développer des pratiques agricoles adaptées au changement climatique et de favoriser l’implication du secteur privé, notamment des entreprises japonaises.La région de Matam a été retenue comme zone pilote. Cinq sites d’intervention y seront progressivement identifiés au profit d’environ 1 200 bénéficiaires. Les activités prévues concernent notamment le développement du maraîchage, l’horticulture, la diffusion de pratiques agricoles résilientes, la restauration des terres agricoles et le renforcement des capacités des producteurs.Le Sénégal servira ainsi de laboratoire régional pour expérimenter des approches innovantes susceptibles d’être répliquées dans d’autres pays africains.Une coopération Japon-PAM renforcée de l’avis de M.Pierre Lucas Directeur /Représentant Résident du PAM au Sénégal qui déclare qu’ au Sénégal, ce projet se déploiera dans la région de Matam, où cinq (05) sites agricoles bénéficieront d’un appui direct. Le premier volet du projet dirigé par Ministère japonais de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches (MAFF) accompagnera un site pilote sur trois (03) ans, touchant 200 petits producteurs. Le second volet sera soutenu par le Ministère des Affaires étrangères du Japon (MOFA) et soutiendra quatre (04) sites supplémentaires, atteignant près de 1 000 bénéficiaires. Ces interventions mobiliseront l’expertise de six (06) entreprises japonaises, dans des domaines aussi variés que la rétention d’eau par polymères, la synecoculture, ou l’irrigation solaire. Au-delà des chiffres, ce projet est porteur d’une ambition claire : • Renforcer les moyens de subsistance des communautés rurales face aux chocs climatiques. • Promouvoir l’innovation privée et l’investissement durable dans l’agriculture. • Faciliter le dialogue entre gouvernements, partenaires techniques et financiers, et entreprises. • Positionner le Sénégal comme un hub de démonstration pour les approches intégrées soutenues par le Japon en Afrique de l’Ouest.Prenant la parole, le Chargé d’affaires de l’Ambassade du Japon au Sénégal M.Yashiaki Hatta a rappelé que le partenariat entre le Japon et le PAM dure depuis plus de vingt-cinq ans. Selon lui, le Japon souhaite mettre son expertise et son expérience au service des pays africains confrontés aux défis du changement climatique, en particulier dans le domaine agricole.Représentant le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, au nom du Directeur général de la SODAGRI, M. Oumar Ly a salué cette initiative qui contribue directement au développement de systèmes alimentaires durables et s’inscrit pleinement dans les priorités de la politique agricole sénégalaise.Le MASAE salue ce projet aligné sur les priorités nationales; il en outre souligné que le partenariat entre le Sénégal, le Japon et le PAM constitue un levier important pour améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales grâce à une approche fondée sur la co-construction, l’écoute des communautés, le partage des connaissances et la responsabilisation des acteurs locaux.Selon lui, cette phase pilote représente une véritable opportunité pour faire du Sénégal un hub régional en matière d’innovations agricoles résilientes. Il a également insisté sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leur coopération, de promouvoir la recherche, les innovations et le partage d’expériences afin d’accélérer la transformation durable des systèmes alimentaires.Il a enfin appelé à renforcer la coopération Sud-Sud, estimant que les solutions existent déjà sur le continent et qu’il convient désormais de les diffuser à grande échelle.Un nouvel espoir pour les femmes de Bélitiowi exprimé par Mme Fatoumata Diallo, présidente du GIE Pélita Rewbé de Bélitiowi, dans la région de Matam, présente à la cérémonie a exprimé toute sa satisfaction après le lancement du projet.Son groupement de femmes exploite un périmètre maraîcher qui constituait autrefois leur principale source de revenus et d’alimentation. Aujourd’hui fortement dégradé, ce périmètre ne permet plus de mener les activités de maraîchage et de cultures vivrières.Selon Mme Diallo, le PAM représenté çhez nous par Mme Mariétou Tounkara , a prévu d’accompagner la réhabilitation du site, une intervention très attendue par les femmes de Bélitiowi.« Ce projet représente un nouvel espoir pour les femmes de Bélitiowi. La réhabilitation de notre périmètre nous permettra de reprendre les activités agricoles, d’améliorer nos revenus, de renforcer la nutrition des enfants et des familles et de redonner vie à notre communauté », a-t-elle déclaré.Elle a rappelé que ce périmètre constituait la principale source de subsistance des femmes avant sa dégradation. Sa remise en état permettra de relancer les activités de production, de transformation et de commercialisation, tout en améliorant durablement la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages.Une ambition de transformation durableAu-delà de Matam, le projet CRAFT ambitionne de démontrer que la combinaison de l’innovation, du partenariat public-privé, de l’expertise japonaise et de l’implication des communautés peut accélérer la transformation des systèmes agricoles et alimentaires au Sénégal.Les enseignements tirés de cette phase pilote devraient permettre d’étendre progressivement l’approche à d’autres régions du pays, contribuant ainsi à bâtir une agriculture plus résiliente, plus productive et plus durable face aux défis du changement climatique. Babacar sene journal Agropasteur

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