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Pour la première fois de l’histoire, l’Afrique accueillera la plus importante réunion ministérielle mondiale consacrée à la résistance aux antimicrobiens (RAM). Prévue du 28 au 30 juin 2026 à Abuja, au Nigéria, cette 5e réunion de haut niveau réunira plus de 100 pays autour du thème : « Une seule santé : faire progresser les engagements mondiaux en matière de RAM par des actions locales ».

Organisée sous l’égide du gouvernement nigérian, cette rencontre de portée internationale devrait rassembler des délégations ministérielles de plus de cent pays, ainsi que plusieurs chefs d’État, notamment ceux du Botswana, du Ghana et du Nigéria.

Le président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, prononcera le discours d’ouverture de cette rencontre historique à Abuja.

« La résistance aux antimicrobiens constitue une menace majeure et continue de faire de nombreuses victimes, notamment dans les pays à revenu faible et intermédiaire », a déclaré Jean-Pierre Nyemazi, directeur du Secrétariat conjoint quadripartite sur la RAM.

Selon lui, la RAM figure parmi les dix principales menaces sanitaires mondiales et met en péril non seulement la santé humaine, mais aussi les animaux, les systèmes alimentaires, les économies et l’environnement.

Les quatre agences du partenariat quadripartite soutiennent cette réunion l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ; l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ; le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’ Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).

La résistance aux antimicrobiens, également appelée résistance aux médicaments, est aggravée par le mésusage et la surconsommation d’antibiotiques, d’antiviraux, d’antiparasitaires et d’antifongiques.

Cette situation réduit l’efficacité de traitements essentiels et rend certaines infections de plus en plus difficiles, voire impossibles, à soigner.

« Le mésusage des antimicrobiens est monnaie courante dans les secteurs de la santé animale, de l’élevage, de l’agriculture, de l’alimentation et de la santé humaine, avec des impacts également sur l’environnement », a souligné Shobha Shukla, présidente de la Global AMR Media Alliance (GAMA).

Pour les organisateurs, la rencontre d’Abuja devra permettre d’accélérer la mise en œuvre des plans d’action nationaux multisectoriels contre la RAM et de transformer les engagements politiques pris lors de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2024 en actions concrètes sur le terrain.

Elle s’inscrit également dans la continuité de la 4e réunion ministérielle tenue à Djeddah en Arabie saoudite en 2024, qui avait instauré un mécanisme de Troïka destiné à assurer la continuité et la redevabilité entre les différentes réunions ministérielles.

Une approche multisectorielle « One Health » « Une seule santé » et intégrée dans cette édition 2026  une approche plus large distinguée .

Ainsi, outre les ministres de la santé, les ministres de l’agriculture, de l’environnement et des finances sont également attendus.

« La lutte contre la résistance aux antimicrobiens ne concerne pas uniquement la santé humaine. Elle touche aussi la santé animale, les plantes, les systèmes alimentaires et l’environnement », a rappelé Ayoade Alakija, envoyé spécial du gouvernement nigérian pour la RAM.

« Réduire de 10 % les décès liés à la RAM d’ici 2030 » est parmi  les objectifs mondiaux  par rapport aux 4,9 millions de décès associés enregistrés en 2019.

Des mesures simples mais efficaces peuvent contribuer à atteindre cette cible, notamment le lavage des mains ;l’amélioration de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène ; la prévention des infections ; l’accès équitable aux antimicrobiens essentiels  et le renforcement du diagnostic rapide.

Un investissement rentable pour les États sur lequel  Dr Alakija a insisté ; qui constitue une  rentabilité économique de la lutte contre la RAM  car pour lui  « Investir 1 dollar dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens génère un retour sur investissement de 11 dollars. »

Elle a également plaidé pour un financement durable et intégral des plans nationaux de lutte contre la RAM, en rappelant l’importance d’impliquer les ministères des finances dans cette réponse multisectorielle.

Les médias appelés à jouer un rôle clé, un rôle stratégique sur lequel les  organisateurs ont insisté  notamment  dans la sensibilisation, la mobilisation citoyenne et le suivi des engagements publics.

« Un journalisme factuel permet de faire de la RAM un enjeu de développement, d’équité et de durabilité », a déclaré le Dr Nyemazi.

C’est aussi le Lancement des Global AMR Media Awards 2026 en marge de cette conférence préparatoire ; c’est  la 3e édition qui  a été officiellement lancée.

Plusieurs initiatives nationales ont également été annoncées, notamment la 1re édition des Nigeria AMR Media Awards ; la 2e édition des Nepal AMR Media Awards ; la 2e édition des India AMR Media Awards ; la 1re édition des Kerala AMR Media Awards.

Deux catégories spéciales de récompenses ont aussi été créées, dont la catégorie #PutPeopleFirst, destinée à valoriser les reportages donnant la parole aux survivants de la résistance aux antimicrobiens.

La tenue de cette réunion au Nigéria marque un tournant symbolique majeur dans la gouvernance mondiale de la RAM.

Alors que les précédentes réunions étaient principalement dominées par les pays européens, l’édition 2026 devrait voir une participation majoritaire des pays du Sud.

« Nous avons besoin d’une réponse équitable face à la résistance aux antimicrobiens », a conclu Shobha Shukla.

Babacar Séne Journal Agropasteur

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