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Après trois années de travaux et plus de 400 contributions recueillies, le Sénégal se dote d’une Taxonomie verte destinée à identifier les activités économiques durables, à renforcer la transparence financière et à faciliter la mobilisation des financements en faveur de la transition écologique. Un instrument stratégique dont la mise en œuvre pourrait contribuer à répondre aux besoins croissants du pays face aux défis climatiques.Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa transition écologique avec le lancement officiel de sa Taxonomie verte, ce lundi 19 octobre 2026, à Dakar. Placée sous le leadership du Dr Aliou Gori Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, cette initiative vise à orienter les investissements publics et privés vers des activités économiques respectueuses de l’environnement et mieux préparées aux effets du changement climatique.Fruit de trois années de travail et d’un processus participatif ayant permis de recueillir plus de 400 contributions, la Taxonomie verte établit un ensemble de critères permettant d’identifier les activités qui contribuent aux objectifs environnementaux et climatiques. Elle couvre six secteurs prioritaires et entend offrir aux acteurs économiques et financiers un cadre de référence pour mieux apprécier la durabilité des investissements.Il constitue véritablement pour le Sénégal un levier pour mobiliser les financements verts; l’enjeu est de taille : et face aux conséquences du changement climatique et aux besoins de financement de la transition écologique, le pays cherche à attirer davantage de capitaux vers les secteurs porteurs d’un développement durable.La Taxonomie verte doit notamment permettre de mieux orienter les investissements vers les activités contribuant à la protection de l’environnement, à l’adaptation aux changements climatiques et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle ambitionne également de renforcer la transparence financière, de limiter l’écoblanchiment ou greenwashing, qui consiste à présenter abusivement une activité comme respectueuse de l’environnement et de faciliter l’identification des projets susceptibles de bénéficier de financements durables.Au-delà de sa dimension environnementale, cet outil présente ainsi un intérêt économique majeur. En proposant des critères de référence plus clairs aux investisseurs, il pourrait contribuer à améliorer la lisibilité des projets, à renforcer la confiance des partenaires financiers et à accroître l’attractivité du Sénégal pour les investissements compatibles avec ses priorités de développement.Élaborée conjointement avec le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, avec l’appui de l’Union européenne et de la coopération allemande à travers la GIZ, la Taxonomie verte résulte d’un travail associant les ministères sectoriels et les différentes parties prenantes.Pour le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, cette démarche repose sur une conviction fondamentale : « Le développement économique et la protection de l’environnement ne s’opposent pas, ils avancent ensemble. »Inscrite dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, cette initiative vise à concilier croissance économique, souveraineté, résilience climatique et préservation des ressources naturelles. Elle entend contribuer à l’émergence d’un modèle de développement dans lequel les investissements soutiennent à la fois la compétitivité de l’économie nationale et la transition vers des activités plus durables.Le ministre a, dans cette perspective, appelé à franchir une nouvelle étape : celle de la mise en œuvre effective de la Taxonomie verte et de son appropriation par les acteurs économiques, les institutions financières et les investisseurs.Des partenaires engagés pour accompagner la transitionL’Union européenne a salué cette avancée, soulignant le rôle que cet instrument pourrait jouer dans la concrétisation des ambitions climatiques du Sénégal.Nathalie Brajard Vom Stein, cheffe de section « Partenariat » à la Délégation de l’Union européenne au Sénégal, a ainsi estimé que « la taxonomie sera l’un des outils pour traduire [l’ambition climatique du Sénégal] en financements concrets ».Elle a également insisté sur l’importance de disposer d’un cadre adapté aux priorités nationales tout en restant compatible avec les référentiels internationaux. Cette articulation est essentielle pour faciliter la compréhension des critères sénégalais par les investisseurs et les partenaires financiers, notamment ceux qui interviennent dans le financement de projets durables.De son côté, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Sénégal, Kai Baldow, a mis l’accent sur la nécessité de concilier développement économique et résilience climatique.« La taxonomie peut aider le Sénégal à développer son économie en prenant en compte la dimension climatique Pour cela, il faut mobiliser des financements à la hauteur des ambitions du Sénégal », a-t-il déclaré.Ces interventions mettent en évidence un enjeu central : la réussite de la transition écologique dépendra autant de la qualité des outils mis en place que de la capacité à mobiliser les ressources financières nécessaires à leur application.Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Bassirou Sarr, ministre chargé du Budget, a rappelé l’importance des besoins financiers auxquels le Sénégal doit faire face pour répondre aux risques climatiques.Selon les chiffres présentés lors de la cérémonie, les besoins de financement du pays pour ses mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques sont estimés à 13 milliards de dollars d’ici à 2030.Dans ce contexte, la Taxonomie verte est appelée à contribuer à une meilleure structuration des investissements et à faciliter l’accès aux financements durables. Elle pourrait également aider les acteurs publics et privés à identifier les activités prioritaires, à orienter leurs décisions financières et à mieux rendre compte des retombées environnementales des projets soutenus.Pour le Sénégal, l’enjeu est donc de faire converger les ambitions climatiques, les stratégies économiques et les mécanismes de financement autour d’objectifs communs.Avec le lancement de sa Taxonomie verte, le Sénégal dispose désormais d’un référentiel destiné à mieux encadrer l’orientation des investissements vers une économie durable et résiliente.Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions : l’appropriation de ses critères par les entreprises et les institutions financières, leur intégration dans les décisions d’investissement, la disponibilité de financements adaptés et le suivi des résultats environnementaux obtenus.Pour l’économie sénégalaise, les perspectives concernent notamment le développement de projets durables, le renforcement de l’attractivité des investissements, la création d’emplois verts et une meilleure prise en compte des risques climatiques dans les choix économiques.F3d lors le Le défi de la mise en œuvre et des retombées économiques sont plus que certains .La Taxonomie verte ne constitue donc pas, à elle seule, une garantie de financement. Elle représente plutôt un instrument de référence destiné à faciliter les décisions et à rapprocher les ambitions environnementales des réalités économiques.Le véritable défi commence désormais transformer ce cadre en financements mobilisés, en projets concrets et en résultats mesurables au bénéfice du Sénégal, de ses territoires et de ses populations.Babaclimat / journal Agropasteur

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