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La 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), COP17, s’ouvre ce lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie. Jusqu’au 28 août, près de 197 États parties, aux côtés d’organisations internationales, d’institutions financières, du secteur privé, de scientifiques et de représentants de la société civile, vont chercher à accélérer l’action mondiale contre la dégradation des terres et la sécheresse.Placée sous le signe de la restauration des terres et du renforcement de la résilience face à la sécheresse, la COP17 intervient dans un contexte marqué par une dégradation croissante des terres, la raréfaction de l’eau et les effets du changement climatique, qui pèsent directement sur la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la stabilité économique.La mobilisation des investissements publics et privés constitue l’un des principaux enjeux de cette COP17. Selon les données présentées par la CNULCD, environ 355 milliards de dollars sont nécessaires chaque année pour lutter contre la dégradation des terres et la sécheresse, alors que les investissements actuels ne dépassent pas 77 milliards de dollars. Le déficit annuel atteint ainsi 278 milliards de dollars.Le secteur privé ne représente actuellement qu’environ 6 % des investissements mondiaux consacrés à la restauration des terres et à la résilience face à la sécheresse. La conférence entend donc explorer de nouveaux mécanismes permettant de réduire les risques d’investissement, d’accroître les financements et de rapprocher les objectifs publics et privés.Le Forum « Business for Land », prévu le 24 août, réunira notamment gouvernements, entreprises et investisseurs autour des moyens d’accélérer les investissements dans la régénération des paysages.La sécheresse, une urgence mondialeLa sécheresse sera également au centre des négociations. Les Parties devraient poursuivre leurs discussions sur un cadre politique mondial destiné à renforcer la prévention et la gestion des épisodes de sécheresse.Plus de 70 pays ont déjà élaboré des plans nationaux de lutte contre la sécheresse, contre seulement trois en 2013. Pour la CNULCD, cette évolution traduit une prise de conscience croissante de la nécessité d’agir avant que les sécheresses ne deviennent des crises humanitaires et économiques.La COP17 examinera notamment les systèmes d’alerte précoce, l’évaluation de la vulnérabilité, la préparation des pays et les mécanismes de coopération internationale. Selon les estimations avancées par la Convention, chaque dollar investi dans la résilience face à la sécheresse pourrait générer jusqu’à dix dollars de retour sur investissement.Organisée pendant l’Année internationale des parcours et des éleveurs, la COP17 accordera une place importante aux pâturages et aux communautés pastorales.Ces écosystèmes couvrent environ 54 % des terres émergées et assurent les moyens de subsistance de près de deux milliards de personnes, dont quelque 500 millions d’éleveurs. Ils contribuent également à la production alimentaire mondiale, à la conservation de la biodiversité et à la résilience climatique.Pourtant, près de la moitié des pâturages mondiaux seraient déjà dégradés ou menacés. La situation est particulièrement préoccupante dans les zones arides, où la sécheresse, le changement climatique et les pratiques non durables accentuent la pression sur les terres et les communautés.Les gouvernements devraient ainsi examiner un nouveau cadre politique consacré aux pâturages et aux éleveurs, ainsi que le lancement d’une Initiative phare pour les pâturages, destinée à accroître les investissements dans leur gestion durable et à renforcer les moyens de subsistance des populations pastorales.La Mongolie, un pays hôte directement confronté à la dégradation des terresPour la Mongolie, l’accueil de la COP17 revêt une dimension particulière. Près de 77 % du territoire national serait dégradé, tandis que le pastoralisme constitue une source essentielle de subsistance pour une grande partie de la population.La sécheresse et les épisodes hivernaux extrêmes, connus sous le nom de dzud, ont lourdement affecté les éleveurs mongols. En 2023 et 2024, plus de sept millions de têtes de bétail auraient péri à la suite de la succession de sécheresses estivales et d’hivers particulièrement rigoureux.« Pour la Mongolie, la terre est indissociable de notre peuple, de nos moyens de subsistance et de notre avenir », a déclaré Battsetseg Batmunkh, ministre mongole des Affaires étrangères et présidente désignée de la COP17. Elle a souligné la volonté de son pays de placer l’expérience des pays arides et des communautés pastorales au cœur des discussions internationales.Le Premier ministre mongol, HEN Uchral, a, pour sa part, appelé à passer « des paroles aux actes, des objectifs à leur mise en œuvre et des engagements à des résultats concrets ».La Secrétaire exécutive de la CNULCD, Yasmine Fouad, a insisté sur la nécessité de faire de cette conférence une « COP de mise en œuvre ».« Le monde ne manque pas de solutions ; le défi consiste à les déployer à grande échelle », a-t-elle déclaré, appelant à mobiliser le leadership politique, les investissements et les partenariats nécessaires pour obtenir des résultats mesurables sur le terrain.La dégradation des terres et la sécheresse affectent désormais jusqu’à 40 % des terres émergées et jusqu’à 3,2 milliards de personnes, selon les données communiquées par la CNULCD. Les sécheresses ont, par ailleurs, augmenté de près d’un tiers depuis 2000 et provoqueraient désormais des pertes économiques annuelles d’au moins 300 milliards de dollars.Première des trois grandes COP des Conventions de Rio prévues en 2026, avant les conférences consacrées à la biodiversité et au climat, la COP17 veut également renforcer les synergies entre les différents agendas environnementaux.Les discussions porteront notamment sur les terres agricoles, les sols, les systèmes alimentaires, l’eau, la biodiversité, le climat, les migrations et la sécurité, mais aussi sur la participation des peuples autochtones, des communautés locales, des femmes et des jeunes.Quatre journées thématiques structureront notamment la deuxième semaine de la conférence : les finances le 24 août, l’eau le 25 août, la terre et les peuples le 26 août, puis les systèmes alimentaires et la santé des sols le 27 août.De la Route de la Soie à Oulan-BatorL’ouverture de la COP17 marque également l’arrivée en Mongolie de la Caravane de la Route de la Soie de la CNULCD. Ce périple à travers l’Eurasie a permis de réunir gouvernements, scientifiques, éleveurs, communautés locales et jeunes autour d’expériences de restauration des terres et de gestion durable des parcours.La caravane a ainsi mis en lumière des initiatives locales et des solutions développées par les communautés confrontées directement à la dégradation des terres et à la sécheresse.Son arrivée en Mongolie établit un lien symbolique entre les initiatives locales et les négociations internationales qui débutent à Oulan-Bator.La COP17 s’appuie sur les acquis de la COP16 tenue à Riyad et sur les initiatives engagées depuis lors en matière de lutte contre la sécheresse, de financement et de mobilisation du secteur privé.Selon Osama Faqeeha, vice-ministre de l’Environnement du Royaume d’Arabie saoudite et conseiller de la présidence de la COP16, le Programme d’action de Riyad est passé de 35 initiatives lors de son lancement à plus d’une centaine aujourd’hui.À Oulan-Bator, les attentes sont désormais tournées vers la mise en œuvre. Les négociations devraient aboutir, le 28 août, à des décisions destinées à orienter les travaux de la Convention au cours des prochaines années.Pour la CNULCD, l’enjeu dépasse donc les seuls textes négociés. Il s’agit de transformer les engagements en investissements, partenariats et actions concrètes capables d’enrayer la dégradation des terres, de restaurer les paysages, de protéger les pâturages et de renforcer la résilience des populations face à la sécheresse.À Oulan-Bator, le message est ainsi clair : la restauration des terres n’est plus seulement une question environnementale ; elle est devenue un enjeu de sécurité alimentaire, de développement, de stabilité économique et d’avenir pour les communautés rurales et pastorales.Babaclimat Journal Agropasteur

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