La 17e session de la Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s’est officiellement ouverte ce lundi 17 août à Oulan-Bator, en Mongolie. Pendant près de deux semaines, jusqu’au 28 août, les délégations des États parties, les Nations unies, les experts, les organisations de la société civile et les acteurs du développement vont se pencher sur l’un des défis environnementaux majeurs de la planète : la dégradation des terres et la désertification.Le Sénégal, engagé de longue date dans la lutte contre la désertification, participe activement à cette importante rencontre internationale. Sa présence vise notamment à défendre les priorités nationales, mobiliser des financements innovants et renforcer les initiatives de restauration des terres et de résilience des territoires face à la sécheresse, à l’aridification et aux effets du changement climatique.Pour la délégation sénégalaise, la restauration des terres constitue l’un des principaux enjeux de cette COP17. Sous la conduite du Point focal national de la CNULCD, les experts sénégalais entendent mettre en avant les défis auxquels le pays est confronté, notamment l’avancée du désert, la dégradation des sols, la sécheresse et l’érosion côtière qui fragilisent de nombreux territoires ruraux.L’enjeu est également de faire connaître les expériences et initiatives développées au Sénégal en matière de gestion durable des terres, de restauration des écosystèmes, d’agroécologie, d’agroforesterie et de résilience des communautés rurales.À la recherche de financements vertsLa question du financement occupe une place centrale dans la participation du Sénégal. Le pays entend tirer parti de la COP17 pour renforcer la mobilisation de ressources internationales en faveur des projets locaux de restauration des terres, de résilience climatique et de gestion durable des paysages.Cette recherche de financements est d’autant plus importante que la restauration des terres dégradées nécessite des investissements considérables. Elle représente cependant, selon les acteurs engagés dans ce domaine, un investissement stratégique pour la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique.L’État, le secteur privé et la société civile appelés à unir leurs effortsAu-delà de la présence officielle du gouvernement, la participation sénégalaise repose également sur la mobilisation de plusieurs catégories d’acteurs. Autorités publiques, experts, organisations non gouvernementales, organisations de la société civile et partenaires au développement prennent part aux échanges.Le Sénégal entend ainsi favoriser une plus grande synergie entre l’État, le secteur privé et la société civile afin de porter une voix nationale plus forte dans les négociations internationales sur la dégradation des terres et la désertification.La présence du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, aux côtés de représentants d’autres départements ministériels et des organisations de la société civile sénégalaises, devrait contribuer à renforcer cette dynamique.La COP17 revêt une importance particulière pour les pays sahéliens, où le pastoralisme constitue à la fois un mode de vie, un moyen de subsistance et un système d’utilisation des terres adapté aux zones arides et semi-arides.Les experts sénégalais devraient notamment mettre en avant le rôle de l’élevage pastoral et extensif dans la gestion durable des espaces naturels. Dans les zones sahéliennes, le pastoralisme contribue à la valorisation de ressources naturelles souvent peu adaptées à l’agriculture, tout en participant à la vitalité économique et sociale des territoires.Cette mise en avant du pastoralisme intervient dans un contexte international particulièrement favorable. L’année 2026 a été proclamée Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, à l’initiative de la Mongolie, pays hôte de la COP17.Placée sous le thème « Restaurer l’espoir », la COP17 entend donner une nouvelle impulsion à la lutte mondiale contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.Moins médiatisée que les COP consacrées au climat ou à la biodiversité, la conférence sur la désertification n’en demeure pas moins stratégique. Selon les données communiquées dans le cadre de la CNULCD, la désertification et la dégradation des terres affectent environ 40 % de la superficie terrestre mondiale. Chaque année, quelque 100 millions d’hectares de terres saines deviennent improductifs, avec des conséquences directes sur les moyens de subsistance de milliards de personnes.La dégradation des terres représente également un coût économique considérable, tout en aggravant l’insécurité alimentaire, la pauvreté, les migrations et les vulnérabilités liées au changement climatique.Plusieurs facteurs contribuent à la dégradation des terres : réchauffement climatique, déforestation, mauvaises pratiques agricoles, monocultures et utilisation excessive de certains intrants.Dans les pays à revenu élevé, les effets de la dégradation peuvent parfois être masqués par le recours intensif aux intrants et aux technologies agricoles. Dans les pays à faible revenu, notamment en Afrique subsaharienne, la faiblesse des rendements, l’accès limité aux moyens de production et la forte dépendance des populations aux ressources naturelles accentuent la vulnérabilité des communautés.Face à cette situation, les acteurs réunis à Oulan-Bator plaident pour un changement de modèle, fondé notamment sur l’agroécologie, l’agroforesterie, la restauration des sols et une gestion plus durable des ressources naturelles.La restauration des terres apparaît désormais non seulement comme une nécessité écologique, mais aussi comme un investissement économique.Une occasion pour les ONg et associations sénégalaises secteur privé intervenant dans le domaine de porter le regard sur les importants efforts que nous devons consentir pour répondre à l’ampleur des besoins d’autant plus que la restauration des terres peut générer des retombées économiques importantes : selon les données de la Convention sur la désertification, un dollar investi dans la restauration des terres dégradées pourrait générer entre 7 et 30 dollars de bénéfices.Investir dans la santé des sols revient ainsi à investir dans la sécurité alimentaire, le climat, la biodiversité et l’adaptation aux sécheresses. Un sol en bonne santé peut notamment mieux retenir l’eau et contribuer au stockage du carbone.les expériences sénégalaises le prouveront et le confirmeront .Le choix de la Mongolie pour accueillir la COP17 donne également une visibilité particulière aux enjeux pastoraux. Le pays est fortement confronté à la dégradation de ses terres et aux effets de la désertification.À travers l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux, la communauté internationale entend mettre davantage en lumière la contribution du pastoralisme à la préservation des écosystèmes fragiles, à la sécurité alimentaire, au développement économique et à la cohésion sociale dans les zones arides et semi-arides.Pour le Sénégal, cette COP17 constitue donc une opportunité de faire entendre la voix du Sahel, de valoriser ses expériences et de défendre une approche intégrée de la restauration des terres, associant agriculture, élevage, environnement et développement territorial.À Oulan-Bator, le Sénégal ne vient donc pas seulement participer aux débats. Il entend contribuer à construire des réponses concrètes à la dégradation des terres et à porter, aux côtés des autres pays du Sahel, le plaidoyer pour des territoires ruraux plus résilients et des systèmes de production plus durables.Babaclimat Journal Agropasteur
