Une trentaine de maires, gouverneurs et dirigeants locaux et régionaux, réunis au Forum des maires de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), ont adopté la Déclaration d’Oulan-Bator, intitulée « Leadership local pour la résilience des terres : faire progresser la mise en œuvre des Conventions de Rio ».À travers cette déclaration, les élus locaux et régionaux entendent franchir une nouvelle étape dans la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse. Ils appellent notamment à une implication plus forte, plus régulière et plus structurée des villes et des régions dans le processus de la CNULCD.Réuni du 20 au 22 août à Oulan-Bator, le Forum a rassemblé plus de 200 participants venus de plus de 30 pays, représentant des collectivités locales et régionales, des organisations internationales, des réseaux de villes, des institutions financières, des universités et centres de recherche ainsi que le secteur privé.La Déclaration d’Oulan-Bator repose sur cinq grands appels à l’action.Les maires préconisent d’abord une action locale intégrée en faveur de la gestion durable des terres, de la restauration des sols et de la résilience face à la sécheresse. Cette approche doit également intégrer la biodiversité, l’adaptation au changement climatique, la sécurité hydrique et le développement urbain durable, tout en renforçant les liens entre territoires urbains et ruraux.Ils demandent ensuite un rôle plus important des gouvernements locaux et régionaux dans le processus de la CNULCD, notamment à travers un dialogue structuré et régulier entre les différentes sessions de la Conférence des Parties.La troisième priorité porte sur une meilleure cohérence entre les trois Conventions de Rio et l’agenda mondial de l’eau, afin de favoriser une mise en œuvre coordonnée des engagements internationaux au niveau local et de contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable.Les élus appellent également à renforcer les partenariats et les mécanismes de financement, notamment en facilitant l’accès des collectivités locales et régionales à des financements directs, simplifiés et prévisibles.Enfin, la Déclaration met l’accent sur les connaissances, l’innovation et la coopération, à travers notamment les échanges d’expériences entre collectivités, l’apprentissage entre pairs et la promotion de solutions fondées sur la nature.Pour les participants, l’enjeu est désormais de passer des engagements internationaux à des actions concrètes dans les territoires. La déclaration réaffirme ainsi le rôle central des collectivités dans la restauration des terres, la gestion de l’eau, la prévention des sécheresses et la construction de territoires plus résilients.Les signataires s’engagent également à favoriser des approches inclusives associant les communautés locales, les jeunes, les femmes et les peuples autochtones.La Déclaration réaffirme par ailleurs le Processus de Riyad comme une plateforme de dialogue entre la CNULCD, ses Parties et les gouvernements locaux et régionaux. Elle s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du Forum des maires organisé à Riyad en 2024, à l’occasion de la COP16.Le Sénégal a été représenté à ce Forum par Oumar Ba, maire de Ndiob, président de l’Association des maires du Sénégal et président de CGLU Afrique.Dans son intervention, il a souligné l’importance des collectivités territoriales dans la mise en œuvre des politiques de restauration des terres et de résilience face à la sécheresse.« Les gouvernements locaux et régionaux sont des partenaires essentiels pour traduire les engagements mondiaux en matière de restauration des terres et de résilience face à la sécheresse en actions concrètes sur nos territoires », a-t-il déclaré.Pour le président de CGLU Afrique, l’enjeu est également de renforcer la participation effective des collectivités à la gouvernance mondiale des questions foncières. « Fort des progrès accomplis à Riyad, le Forum des maires d’Oulan-Bator doit renforcer la reconnaissance et la participation effective des gouvernements locaux et régionaux à la gouvernance foncière mondiale », a-t-il ajouté.En marge de l’adoption de la Déclaration, l’Initiative d’Oulan-Bator a été présentée. Portée par la capitale mongole, cette initiative volontaire vise à expérimenter une méthode permettant aux villes de mesurer et de rendre compte de la dégradation des terres.Les résultats de cette démarche devraient être communiqués à la CNULCD lors de la COP18, ouvrant ainsi la voie à une meilleure prise en compte des données et expériences locales dans les politiques internationales de lutte contre la désertification.La maire d’Oulan-Bator, B. Purevdagva, a rappelé que la résilience des terres constitue avant tout un enjeu concret pour les populations : accès à l’eau potable, qualité de l’air, espaces verts, moyens de subsistance et avenir des générations futures.Le Forum d’Oulan-Bator s’inscrit dans une coopération internationale entre collectivités engagées dans la lutte contre la désertification, initiée en 1999 à Bonn, en Allemagne, puis poursuivie notamment à Rome, Ordos et Riyad.Pour les participants, l’édition 2026 intervient dans un contexte marqué par la convergence des agendas mondiaux consacrés aux terres, au climat, à la biodiversité, à l’eau et au développement urbain.Pendant trois jours, les échanges ont porté notamment sur la restauration des écosystèmes urbains, les tempêtes de sable et de poussière, la rareté de l’eau, la résilience face à la sécheresse, l’aménagement du territoire et les mécanismes de financement.À l’issue du Forum, la CNULCD et ses partenaires entendent assurer le suivi volontaire des engagements pris dans le cadre de la Déclaration. Les progrès réalisés devraient être présentés lors du prochain Forum des maires ainsi qu’à la COP18 de la CNULCD.Avec la Déclaration d’Oulan-Bator, les maires veulent ainsi faire entendre une conviction commune : la lutte contre la désertification et la dégradation des terres ne pourra produire des résultats durables sans une implication pleine et entière des collectivités locales, au plus près des populations et des territoires.Babaclimat Journal Agropasteur
