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C’est le principal message porté par Sidaty Sow, responsable de projet à AVSF Sénégal (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières), lors d’un side event organisé en marge de la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17), à Oulan-Bator. La gestion durable des pâturages apparaît comme un levier déterminant pour préserver le pastoralisme dans la zone sylvopastorale du Ferlo, territoire stratégique pour l’élevage au Sénégal et, plus largement, pour le pastoralisme sahélien. À travers une présentation consacrée à la « gestion durable des pâturages comme facteur clé de succès pour le pastoralisme dans la zone sylvopastorale du Ferlo », Sidaty Sow a mis en lumière les expériences développées sur le terrain et le rôle des communautés pastorales dans la préservation des ressources naturelles. Dans le Ferlo, la gestion des pâturages ne peut être dissociée de la question de la gouvernance des territoires. À cet égard, les unités pastorales constituent, selon l’expérience présentée par AVSF, un modèle important de gouvernance communautaire. Ces organisations permettent aux communautés pastorales de participer à la gestion collective des ressources disponibles, de définir des règles d’utilisation des espaces pastoraux et de contribuer à la restauration des terres dégradées .Pour Sidaty Sow, leur rôle dépasse ainsi la simple organisation des activités d’élevage. Elles constituent de véritables cadres de concertation et de décision permettant de rapprocher les politiques de gestion des ressources des réalités vécues par les éleveurs. Cette approche repose notamment sur l’élaboration de plans de gestion pastorale adaptés aux réalités locales, la cartographie participative des ressources et la mobilisation des différents acteurs du territoire. La présentation a également permis de mettre en évidence les nombreuses contraintes qui fragilisent aujourd’hui les systèmes pastoraux du Ferlo.La variabilité climatique, la pression croissante exercée sur les ressources naturelles, la dégradation des terres, les feux de brousse et la prolifération d’espèces envahissantes constituent autant de facteurs qui affectent la disponibilité et la qualité des pâturages. Dans ce contexte, la sécurisation des ressources pastorales devient un enjeu majeur pour la résilience des communautés et des troupeaux. La dégradation des pâturages peut en effet entraîner une diminution des ressources fourragères, accentuer les déplacements des éleveurs et accroître les tensions autour de l’accès aux ressources naturelles .Au cours de son intervention, Sidaty Sow a particulièrement insisté sur la préservation de la mobilité pastorale, considérée comme un élément essentiel de l’adaptation des éleveurs aux variations des conditions climatiques et de la disponibilité des ressources. Dans les systèmes pastoraux sahéliens, la mobilité permet aux éleveurs d’adapter leurs déplacements à la répartition des pâturages et des points d’eau. Elle constitue donc une stratégie d’adaptation qui doit être prise en compte dans les politiques d’aménagement et de gestion des territoires.Pour AVSF, cette mobilité doit aller de pair avec une gouvernance locale renforcée et une meilleure reconnaissance du rôle des communautés pastorales dans la gestion des espaces qu’elles exploitent. L’approche défendue lors de ce side event repose sur un principe de gestion durable des pâturages qui ont davantage de chances de réussir lorsqu’elles associent directement les populations concernées.La cartographie participative permet notamment aux communautés de mieux identifier les ressources, les zones de pâturage, les espaces à préserver et les contraintes auxquelles elles sont confrontées. Elle favorise également le dialogue entre les différents utilisateurs du territoire.À travers les unités pastorales, les communautés peuvent ainsi contribuer à la définition des règles de gestion, à la planification des interventions et au suivi des ressources. L’enjeu est désormais de passer d’une logique de gestion ponctuelle des ressources à une véritable stratégie territoriale de restauration et de prévention de la dégradation des terres.Sidaty Sow a ainsi appelé à soutenir davantage les initiatives locales de restauration des pâturages, en valorisant les savoirs et les pratiques des communautés pastorales et en renforçant les mécanismes de gouvernance locale. Cette approche apparaît d’autant plus pertinente dans le contexte actuel de changement climatique, où les territoires pastoraux sahéliens sont confrontés à des pressions croissantes. La présentation d’AVSF Sénégal à la COP17 aura ainsi permis de porter sur la scène internationale une expérience issue d’un territoire emblématique du pastoralisme sahélien. Elle intervient dans un contexte particulièrement symbolique puisque la COP17 se tient alors que l’Organisation des Nations unies met en avant l’importance des pâturages et des pasteurs, dans le cadre de l’Année internationale des pâturages et des pasteurs. À travers l’expérience du Ferlo, le message porté à Oulan-Bator est donc clair : la restauration des terres pastorales ne peut être durable sans une gouvernance locale forte, la participation effective des communautés et la préservation de la mobilité des troupeaux. Le défi consiste désormais à transformer ces expériences locales en politiques publiques plus ambitieuses, capables de concilier restauration des terres, résilience climatique, sécurisation des ressources naturelles et avenir du pastoralisme sahélien .Babaclimat Journal Agropasteu

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