Les travaux de la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17-CNULCD) se poursuivent ce jeudi à Oulan-Bator autour de trois enjeux majeurs : la mise en œuvre de la Convention, la lutte contre les tempêtes de sable et de poussière (TSP) et la gestion durable des parcours et des territoires pastoraux. Cette journée apparaît comme un moment charnière des négociations, avec des discussions centrées sur des priorités étroitement liées à la lutte contre la dégradation des terres, à la sécheresse et aux effets du changement climatique. Sur la mise en œuvre de la Convention, les délégations examinent les progrès accomplis, mais aussi les obstacles persistants dans l’application du Cadre stratégique 2018-2030 de la CNULCD. L’enjeu est notamment d’améliorer le suivi des engagements et la transparence des données. Les discussions portent ainsi sur les rapports nationaux relatifs à la Neutralité en matière de dégradation des terres (NDT), afin de mieux mesurer les pertes et les gains de terres en fonction des objectifs fixés par chaque pays. La gouvernance foncière constitue également un point central. La sécurisation des droits de tenure foncière des communautés locales est considérée comme une condition essentielle à la réussite et à la pérennisation des projets de restauration des terres .La mise en œuvre de la Convention repose notamment sur des programmes d’action nationaux, régionaux et sous-régionaux. Elle suppose une implication directe des populations locales, notamment des agriculteurs, des éleveurs et des communautés qui vivent quotidiennement sur les territoires et disposent de connaissances précieuses sur leur gestion. Les tempêtes de sable et de poussière, une menace transfrontalière ont constitué un autre sujet majeur de cette journée : les tempêtes de sable et de poussière (TSP), bénéficient désormais d’une attention politique accrue. Ces phénomènes constituent une crise environnementale transfrontalière, avec des conséquences importantes sur les terres, les activités économiques, la santé et les conditions de vie des populations. Les discussions préparent notamment le déploiement de l’Initiative mondiale de mise en œuvre sur les tempêtes de sable et de poussière (GI-SDS), dans le cadre de la Décennie des Nations unies pour la lutte contre les TSP, prévue pour la période 2025-2034.Les échanges mettent également l’accent sur l’ingénierie écologique et la nécessité d’agir directement sur les sources de l’érosion éolienne. La restauration de la couverture végétale dans les zones arides apparaît ainsi comme l’une des solutions permettant de stabiliser les sols et de réduire la mobilisation des particules par les vents. La question des parcours et du pastoralisme occupe également une place stratégique dans les travaux de la COP17. Pays hôte de la conférence et profondément marqué par une longue tradition nomade et pastorale, la Mongolie entend mettre en lumière l’importance de ces territoires et des communautés qui en dépendent. La tenue de la COP17 intervient dans le contexte de l’Année internationale des parcours et des pasteurs (IYRP 2026), offrant une occasion de renforcer la reconnaissance politique des systèmes pastoraux et des savoirs qui leur sont associés. Les parcours les steppes, les savanes et autres espaces pastoraux couvrent une part considérable des terres émergées de la planète. Pourtant, ils restent souvent moins financés et moins visibles dans les politiques de restauration des terres que d’autres écosystèmes, notamment les forêts. Les négociations cherchent ainsi à mieux intégrer les savoirs traditionnels et autochtones des communautés pastorales dans les stratégies de gestion durable des terres. Cette approche est d’autant plus importante que des centaines de millions de pasteurs à travers le monde sont directement exposés aux effets du changement climatique, à la dégradation des terres et à la raréfaction des ressources pastorales. Face à l’ampleur des défis, la COP17 insiste également sur la nécessité de renforcer les grandes initiatives régionales capables de porter des projets à grande échelle. En Afrique, la Grande Muraille verte constitue à cet égard une initiative emblématique pour lutter contre la dégradation des terres, restaurer les écosystèmes et contribuer à la résilience des populations face au changement climatique et à l’avancée de la désertification. Le renforcement de ce type d’initiatives nécessite cependant des financements durables, un meilleur accompagnement technique et une implication accrue des communautés locales. Il s’agira désormais d’évaluer, de capitaliser et de partager les connaissances au-delà des engagements pris lors des Conférences des Parties car l’un des enjeux majeurs reste celui du suivi.. L’évaluation régulière des progrès accomplis, le partage des connaissances scientifiques et la capitalisation des expériences doivent permettre de mieux mesurer l’impact réel des politiques et des projets de restauration. À Oulan-Bator, les discussions rappellent ainsi que la lutte contre la désertification et la dégradation des terres ne peut se limiter à des engagements internationaux. Elle doit se traduire par des actions concrètes sur le terrain, soutenues par des données fiables, des financements adaptés et une participation effective des communautés. La restauration des terres, la réduction des tempêtes de sable et de poussière et la reconnaissance du rôle stratégique des parcours et du pastoralisme apparaissent ainsi comme des composantes complémentaires d’une même ambition : construire des territoires plus résilients face au changement climatique et préserver durablement les ressources naturelles pour les générations futures.Babaclimat Journal Agropasteur
