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À la clôture de la 17ᵉ session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD),ce 28 août 2026 à Oulan-Bator,en Mongolie, la société civile a livré un message à la fois ferme et constructif. Réunis autour d’un même plaidoyer, peuples autochtones, communautés locales, pasteurs, agriculteurs, femmes et jeunes ont appelé les États à renforcer le dialogue, la participation et la prise en compte des droits humains dans les politiques de gestion durable des terres.La déclaration de clôture de la société civile a été présentée ce 28 août à Oulan-Bator par Ahmed Fathy, de la Youth Love Egypt Foundation. Elle intervient dans un contexte marqué par les difficultés rencontrées au cours des négociations de la COP17 sur plusieurs questions jugées essentielles par les organisations de la société civile.Dès l’ouverture de son intervention, la société civile a réaffirmé son engagement en faveur d’une Convention capable de produire des résultats concrets pour les populations et de contribuer à la restauration et à la préservation de terres en bonne santé.Mais derrière cette volonté de contribuer aux travaux de la CNULCD, les organisations de la société civile ont exprimé leur « profonde frustration » face au blocage de plusieurs questions clés par certaines Parties depuis l’adoption de l’ordre du jour.Selon la déclaration, le fait d’empêcher l’examen de ces questions risque de fragiliser les engagements déjà pris et de retarder des négociations considérées comme urgentes.Tout en exprimant leur déception, les OSC ont tenu à remercier les nombreuses Parties qui les ont soutenues durant la COP17. « Vos voix ont compté », ont-elles souligné, tout en regrettant que cette situation ait empêché un examen approfondi de questions jugées cruciales.Pour la société civile, la recherche de solutions ne peut se faire par l’imposition. Elle appelle ainsi les Parties à privilégier le dialogue, la négociation, l’engagement et le compromis pour parvenir à des décisions consensuelles.« Redonner de l’espoir exige du respect, et non de l’imposition », souligne la déclaration, qui met en garde contre le risque de voir les difficultés rencontrées à cette COP17 devenir un précédent pour les prochaines conférences.Dans cette perspective, les OSC demandent que plusieurs questions soient clairement inscrites à l’ordre du jour de la COP18, notamment le genre, la participation effective de la société civile, les espaces de concertation des peuples autochtones et des communautés locales, ainsi que le renforcement des synergies entre les Conventions de Rio.La société civile a également déploré la faible participation de certaines Parties aux sessions de dialogue ouvert ainsi qu’à la session consacrée au genre.Les changements répétés dans les programmes ont, selon elle, également réduit l’efficacité de ces espaces de dialogue.Pour les OSC, un dialogue véritablement constructif suppose que les représentants des États soient présents et engagés dans les échanges avec les autres acteurs.Cette question de la participation revêt une importance particulière pour les organisations qui représentent les populations directement confrontées aux effets de la dégradation des terres, de la sécheresse et de la désertification.Au-delà des questions liées au processus de négociation, la société civile a réaffirmé plusieurs messages de fond.Sur la sécheresse, elle appelle à privilégier des approches anticipatives, inclusives et fondées sur les droits humains. Ces approches doivent notamment contribuer à préserver des paysages en bonne santé, soutenir des systèmes alimentaires durables et renforcer une résilience construite à l’échelle locale.Cette orientation traduit la volonté des OSC de dépasser les réponses essentiellement réactives aux crises de sécheresse, pour renforcer les capacités d’anticipation des communautés et leur permettre de mieux faire face aux changements environnementaux.Pastoralisme : sécuriser les droits fonciers et reconnaître la mobilitéLa déclaration accorde également une place importante aux parcours et au pastoralisme.Les organisations de la société civile demandent que le pastoralisme et la mobilité soient reconnus comme des systèmes résilients et adaptatifs. Cette reconnaissance doit, selon elles, s’accompagner de droits fonciers sécurisés, d’une participation significative des communautés concernées et d’un soutien direct aux populations pastorales.Pour les OSC, les politiques de restauration des terres et de lutte contre la désertification ne peuvent être efficaces si elles marginalisent les populations qui vivent et travaillent directement sur ces territoires.« Pas de neutralité en matière de dégradation des terres sans droits humains »La déclaration rappelle ainsi que la réussite de la CNULCD et de son futur cadre stratégique dépendra largement de la capacité des États à associer les populations les plus touchées aux processus de décision.Pour la société civile, la Convention doit être considérée comme un véritable « contrat social » entre les États et les populations dont les vies et les moyens de subsistance dépendent de terres en bonne santé.Ce contrat repose, selon la déclaration, sur plusieurs piliers : le dialogue et la confiance, les droits et la participation, mais aussi la mobilisation des ressources et la responsabilité nécessaires pour transformer les engagements internationaux en actions concrètes sur le terrain.Le message final des OSC se veut particulièrement fort :« Pas de neutralité en matière de dégradation des terres (NDT) sans droits humains.Pas de résilience sans égalité des genres. Pas de gouvernance durable des terres sans les peuples autochtones et les communautés locales. Pas de transformation sans partenariat. »En clôturant leur déclaration, les organisations de la société civile ont assuré qu’elles poursuivraient leur mobilisation en faveur de la protection des terres, des populations et des avancées obtenues au fil des négociations internationales.Malgré les difficultés relevées au cours de cette COP17, leur message demeure celui d’une société civile qui entend rester un acteur engagé dans la mise en œuvre de la Convention et dans le suivi des décisions prises par les États.La déclaration s’est enfin achevée sur une pensée adressée au peuple du Népal et à toutes les personnes touchées par les événements en cours, témoignant de la solidarité exprimée par la société civile au-delà des enjeux spécifiques de la COP17.À Oulan-Bator, la société civile aura donc porté un message clair : la lutte contre la désertification, la sécheresse et la dégradation des terres ne pourra produire des résultats durables sans participation citoyenne, respect des droits, égalité entre les femmes et les hommes, reconnaissance des savoirs et des droits des communautés, et partenariats solides entre États et acteurs de terrain.Babaclimat Journal Agropasteur

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