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À Odienné, les autorités administratives de cinq régions frontalières s’engagent à consolider la mobilité du bétail, la sécurité et la gestion concertée des ressources naturelles dans l’espace du Wassoulou.La coopération transfrontalière franchit une nouvelle étape dans l’espace du Wassoulou, à cheval sur la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali. À l’occasion de la première édition de la Semaine du pastoralisme organisée à Odienné, en Côte d’Ivoire, les gouverneurs des régions de Kabadougou, du Bafing, du Folon, de Kankan et de Bougouni ont paraphé une déclaration d’entente visant à renforcer la coopération entre les trois pays et à promouvoir un développement agropastoral durable et apaisé.Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la phase 2 du Projet d’élevage et de pastoralisme intégrés et sécurisés en Afrique de l’Ouest (PEPISAO 2). Le projet vise notamment à renforcer la résilience des populations pastorales et agropastorales, à prévenir et à apaiser les conflits liés au pastoralisme, ainsi qu’à soutenir le développement des activités d’élevage dans la région ouest-africaine.La signature de cette déclaration intervient dans un contexte où la mobilité transfrontalière du bétail, l’accès aux ressources naturelles et la prévention des conflits constituent des enjeux majeurs pour les communautés pastorales et agricoles.La rencontre d’Odienné a réuni, aux côtés des autorités administratives, des représentants des collectivités territoriales de la zone transfrontalière, des services techniques des États, des réseaux d’organisations professionnelles d’éleveurs et d’agriculteurs, ainsi que des organisations faîtières nationales d’éleveurs. Le processus bénéficie également de l’appui du Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).Dans une démarche concertée, les signataires ont réaffirmé leur volonté de faire du Wassoulou un espace de développement partagé, favorable à la prospérité des activités socio-économiques, à l’inclusion des femmes et des jeunes et au renforcement de la résilience des populations.La déclaration d’entente définit plusieurs axes prioritaires de coopération entre les régions concernées. Les autorités entendent notamment assurer un portage politique des engagements pris et accompagner les collectivités territoriales dans leur mise en œuvre opérationnelle.Une attention particulière est accordée à la facilitation de la mobilité du bétail, au renforcement de la coopération institutionnelle entre les régions frontalières et à la lutte contre le vol de bétail et les feux de brousse.Les signataires préconisent également un accès concerté, équitable et réglementé aux ressources naturelles partagées, ainsi qu’une meilleure sécurisation et une gestion durable des espaces pastoraux.La coordination des calendriers de transhumance, la synchronisation des campagnes de vaccination du bétail et le partage d’informations sur les itinéraires empruntés par les troupeaux figurent aussi parmi les mesures retenues. Ces actions doivent contribuer à réduire les tensions entre usagers des ressources naturelles, à prévenir les risques sanitaires et à améliorer la coexistence entre agriculteurs et éleveurs.Pour assurer le suivi de ces engagements, la mise en place d’un comité tripartite de suivi est prévue. Ce mécanisme devra contribuer à maintenir la concertation entre les parties prenantes et à favoriser la traduction des engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.Un appel à renforcer le cadre transfrontalier de concertation car au -delà des engagements pris par les autorités régionales, les recommandations issues de cette rencontre invitent les gouvernements, les acteurs locaux, les organisations intergouvernementales régionales et continentales ainsi que les partenaires techniques et financiers à intensifier leurs efforts.L’objectif est de dynamiser, sur les plans organisationnel et institutionnel, le cadre transfrontalier de concertation existant dans l’espace du Wassoulou. Le renforcement de ce dispositif est considéré comme un levier essentiel pour pérenniser le dialogue entre les acteurs, améliorer la coordination des interventions et apporter des réponses communes aux défis du pastoralisme.La Semaine du pastoralisme constitue dés lors un cadre de dialogue et d’actionPlacée sous le thème « Mobilité transfrontalière du bétail, sécurité et cohésion sociale : bilans, défis et solutions partagées entre les États autour de l’espace Wassoulou », cette première édition de la Semaine du pastoralisme entend consolider les échanges entre les différents acteurs du secteur.Porté par le PEPISAO, le concept de Semaine du pastoralisme traduit la volonté de renforcer et de pérenniser les initiatives de dialogue entre les acteurs institutionnels, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles et les communautés locales.À travers cette démarche, les initiateurs ambitionnent de dynamiser les activités agropastorales aux niveaux local et transfrontalier, tout en favorisant une gestion concertée des enjeux liés à la mobilité du bétail dans les zones frontalières sensibles.L’enjeu est désormais de transformer les engagements pris à Odienné en résultats tangibles pour les éleveurs, les agriculteurs et l’ensemble des communautés du Wassoulou. Car, au-delà de la circulation des troupeaux, la coopération transfrontalière apparaît comme un instrument essentiel de prévention des conflits, de cohésion sociale et de développement durable dans cet espace partagé par la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali.Babacar sene journal Agropasteur (Source PEPISAO)

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