0 7 minutes 1 minute
Spread the love

La situation pastorale 2026-2027 est partagée entre raréfaction des pâturages, tarissement des points d’eau et risques de conflits, une mobilisation régionale s’impose pour préserver le cheptel et les moyens d’existence des ménages pastoraux.Le déficit fourrager qui menace plusieurs zones du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest suscite de vives inquiétudes à l’approche de la campagne pastorale 2026-2027. Face à la dégradation des ressources fourragères et au tarissement des points d’eau, le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) appelle à une mobilisation rapide et coordonnée afin d’anticiper les risques pesant sur le cheptel et les communautés pastorales.La situation pastorale se caractérise par un contraste marqué entre les zones soudaniennes et guinéennes, qui disposent d’une biomasse relativement abondante, et les zones sahéliennes et sahariennes, confrontées à un retard pluviométrique sévère et à un déficit fourrager critique. Cette répartition inégale des ressources naturelles fait craindre des déplacements précoces du bétail vers les zones mieux pourvues en pâturages et en eau.Au-delà des difficultés d’alimentation du cheptel, cette situation fait peser des risques importants sur les systèmes d’élevage mobiles. Les mouvements anticipés des troupeaux pourraient accentuer la pression sur les ressources pastorales disponibles et exacerber les tensions entre usagers, avec des conséquences potentielles sur la cohésion sociale, la survie des animaux et les revenus des ménages pastoraux.C’est dans ce contexte préoccupant que le CILSS a organisé, le 22 octobre 2026, un webinaire régional consacré à la situation pastorale 2026-2027 au Sahel et en Afrique de l’Ouest pour une mobilisation régionale pour anticiper la criseCette rencontre a permis aux acteurs concernés d’examiner les risques liés au déficit fourrager et les mesures à engager pour prévenir une aggravation de la crise.Les échanges ont réuni des représentants des États, des institutions régionales et internationales, des organisations non gouvernementales, des organisations d’éleveurs, des chercheurs ainsi que des professionnels du développement rural.Au cœur des discussions c est la nécessité de passer d’une gestion réactive des crises pastorales à une approche fondée sur l’anticipation, la coordination régionale et la mobilisation rapide des ressources. Les participants ont notamment insisté sur l’importance d’une réponse concertée pour limiter les pertes animales, prévenir les conflits autour des ressources naturelles et protéger les moyens d’existence des populations dépendantes de l’élevage.Une feuille de route commune pour coordonner les interventionsÀ l’issue des échanges, les participants ont plaidé pour l’élaboration d’une feuille de route commune articulée autour de plusieurs priorités notamment la mobilisation de ressources financières flexibles, la mise en œuvre de mécanismes d’action anticipatoire et le déploiement des instruments régionaux de prévention et de gestion des crises.L’objectif est de permettre aux différents acteurs d’intervenir suffisamment tôt, avant que la dégradation des conditions pastorales ne se traduise par des pertes animales importantes et une détérioration plus profonde de la situation socioéconomique des ménages.Les participants ont également souligné la nécessité d’assurer un suivi rapproché de l’évolution de la situation et de renforcer la collecte des données pastorales. Ces informations sont essentielles pour renseigner les indicateurs pastoraux du Cadre harmonisé, un outil régional d’analyse de la situation alimentaire et nutritionnelle et de classification des zones selon leur niveau de vulnérabilité.Cette démarche devra notamment s’appuyer sur l’Observatoire des systèmes d’élevage mobiles en Afrique de l’Ouest et au Sahel (OSEMAOS), ainsi que sur les systèmes nationaux d’information, afin d’améliorer la disponibilité et la fiabilité des données nécessaires à la prise de décision.Prenant part à cette dynamique, le directeur général du Centre régional AGRHYMET du CILSS, le Dr Guiguigbaza-Kossigan Dayo, a réaffirmé l’engagement de l’institution à contribuer à la concrétisation des recommandations formulées lors du webinaire.Il a également souscrit à la proposition d’organiser périodiquement de telles rencontres afin de maintenir une veille régionale sur la situation pastorale, de faciliter le partage des informations et de favoriser une meilleure coordination des interventions.Le CILSS entend ainsi jouer pleinement son rôle de catalyseur dans la définition et la mise en œuvre d’une réponse adaptée aux défis pastoraux auxquels sont confrontés les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.Dakar sera la prochaine étape de la concertation régionale avec la réunion ministérielle prévue du 22 au 24 novembre 2026 à Dakar, au Sénégal, devrant s’inscrire dans cette dynamique de concertation et de mobilisation. Elle constitue une échéance importante pour renforcer le dialogue entre les États et les partenaires concernés autour des réponses à apporter à la situation pastorale.Dans un contexte où la disponibilité des pâturages et de l’eau conditionne directement la mobilité des troupeaux, la préservation du cheptel et la stabilité des communautés pastorales, l’enjeu est désormais de traduire les alertes et les recommandations en actions concrètes sur le terrain.L’urgence est claire il s’agira d’anticiper les mouvements du bétail, sécuriser l’accès aux ressources pastorales et mobiliser les moyens nécessaires avant que le déficit fourrager ne se transforme en une crise majeure pour les éleveurs et les pasteurs de la région.Babacar sene journal Agropasteur

Laisser un commentaire