À cinq mois de la 17e Conférence des Parties (COP17) de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), la Mongolie et le secrétariat de la Convention ont levé le voile sur le programme thématique et le plan d’action de cette rencontre internationale majeure prévue du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, sous le thème : « Restaurer les terres, restaurer l’espoir ».Les représentants des 197 Parties à la CNULCD se réuniront dans la capitale mongole aux côtés de scientifiques, d’acteurs du secteur privé et de gestionnaires fonciers, avec pour ambition d’accélérer les actions en faveur de terres saines, considérées comme un pilier essentiel de la résilience, de la stabilité et de la prospérité à l’échelle mondiale.
Un agenda axé sur le financement, la sécheresse et les systèmes agropastoraux sera au cœur des discussions où figureront l’augmentation des financements pour la restauration des terres et la résilience face à la sécheresse, ainsi que l’avenir des pâturages et des systèmes d’élevage à travers le monde.
L’objectif affiché de cette COP17 est de traduire les engagements internationaux en résultats concrets et mesurables sur le terrain.
Première des trois grandes COP des Conventions de Rio prévues en 2026 — consacrées respectivement aux terres, à la biodiversité et au climat — cette rencontre devrait donner une impulsion décisive à l’agenda environnemental mondial.
La Secrétaire exécutive de la CNULCD, Yasmine Fouad, a rappelé les avancées enregistrées ces dernières années :
« Au cours de la dernière décennie, les pays se sont engagés à restaurer un milliard d’hectares de terres dégradées d’ici 2030, et plus de 70 d’entre eux disposent désormais de plans nationaux de lutte contre la sécheresse. La COP17 doit permettre de transformer ces engagements en changements concrets. »
Elle insiste sur la nécessité de mobiliser des financements à grande échelle, de privilégier les approches préventives face à la sécheresse et de reconnaître le rôle stratégique des pâturages dans les économies, les cultures et la régulation du climat.
De son côté, le ministre mongol de l’Environnement et du Changement climatique, Batbaatar Bat, a mis en avant le Plan d’action Riyad–Oulan-Bator, présenté comme un cadre stratégique inclusif.
« Ce plan vise à mobiliser citoyens, entreprises, villes et partenaires autour de la restauration des écosystèmes, notamment les pâturages et les terres agricoles, tout en renforçant la résilience face à la sécheresse », a-t-il déclaré.
Afin de dynamiser les échanges et favoriser la mobilisation internationale, la COP17 sera rythmée par quatre journées thématiques majeures notamment le Financement (24 août) : La restauration des terres à grande échelle nécessiterait près d’un milliard de dollars par jour. Cette journée réunira décideurs publics, institutions financières et secteur privé pour combler ce déficit et stimuler les investissements., l’ Eau (25 août) : Face à une intensification annoncée des sécheresses — qui pourraient toucher trois personnes sur quatre d’ici 2050 — les discussions porteront sur la gestion proactive des risques et la coopération autour des ressources en eau. , les Terres et populations (26 août) : Les pâturages, qui font vivre environ 500 millions de personnes, seront au centre des échanges. Cette journée mettra en lumière les voix des communautés locales, des éleveurs, des jeunes, des femmes et des peuples autochtones et les Systèmes alimentaires et santé des sols (27 août) : Dans un contexte où la production alimentaire devra augmenter de 50 % d’ici 2050, cette journée explorera les liens entre restauration des sols, sécurité alimentaire et durabilité des systèmes agricoles.
Pour les organisateurs, ces journées thématiques visent à catalyser une mobilisation mondiale autour de solutions concrètes.
« En réunissant gouvernements, scientifiques, entreprises et communautés, nous voulons transformer les engagements en actions et garantir que des terres saines continuent de soutenir les sociétés et les économies pour les générations futures », a conclu Yasmine Fouad.
Babacar Sene babaclimat/Journal agropasteur
