C’est dans ce contexte que le Journée mondiale de la désertification et de la sécheresse 2026, organisée sous le thème « Pâturages : reconnaître, respecter, restaurer », mettra en lumière leur rôle crucial dans la résilience des territoires et des systèmes alimentaires.
Le Kenya accueillera cette année les célébrations officielles, prévues le 17 juin, dans un contexte marqué par l’aggravation des sécheresses et la dégradation accélérée des terres à l’échelle mondiale. Durant la semaine précédant cette date, plusieurs activités seront organisées à travers le pays, avec un point culminant attendu à Vipingo, dans le comté de Kilifi.
L’événement réunira des représentants gouvernementaux, des leaders communautaires, des jeunes, des éleveurs ainsi que des partenaires techniques et financiers. Au programme : plantation symbolique d’arbres, expositions sur les initiatives de restauration des terres et animations culturelles portées par des écoles et des communautés locales.
Des pâturages sous pression face au changement climatique au Kenya , Pays majoritairement aride et semi-aride dépendant fortement de ses pâturages couvrent près de 80 % de son territoire et assurent les moyens de subsistance de millions de personnes.
Cependant, la variabilité climatique, la surexploitation et la dégradation des sols affectent de plus en plus leur productivité.
Pour Deborah M. Barasa, secrétaire d’État kényane à l’Environnement, au Changement climatique et aux Forêts, l’accueil de cette journée représente une opportunité majeure :
« C’est l’occasion d’attirer l’attention du monde entier sur les réalités des zones arides, mais aussi sur les solutions concrètes déjà mises en œuvre pour restaurer les terres et renforcer la résilience face à la sécheresse. »
Même son de cloche du côté de Yasmine Fouad, secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, qui souligne un changement de perception :
« Longtemps considérés comme des terres marginales, les pâturages sont en réalité essentiels aux économies, aux systèmes alimentaires et à la stabilité des communautés. Pourtant, dans certaines régions, ils se dégradent plus rapidement que les forêts tropicales. »
Un enjeu mondial pour les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance que constituent les pâturages qui à l’échelle mondiale, couvrent plus de la moitié des terres émergées et font vivre près de deux milliards de personnes.
Ils fournissent environ 70 % de l’alimentation du bétail, ce qui en fait un pilier central des systèmes alimentaires.
Cependant, jusqu’à 50 % de ces espaces sont aujourd’hui dégradés ou menacés, avec des impacts directs sur la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et les moyens de subsistance des communautés rurales.
Les conséquences économiques sont également considérables : la dégradation des terres coûterait près de 900 milliards de dollars par an à l’économie mondiale, tandis que les sécheresses engendreraient des pertes annuelles estimées à plus de 300 milliards de dollars.
Face à cette situation, la restauration des pâturages apparaît comme une solution clé. Investir dans la régénération des terres et l’adaptation à la sécheresse permet non seulement de réduire les risques à long terme, mais aussi de générer des retours économiques significatifs.
L’édition 2026 de la Journée mondiale met ainsi l’accent sur des solutions concrètes, en plaçant les pâturages au cœur des stratégies liées au climat, à la biodiversité et au développement durable. Elle valorise également le rôle des communautés pastorales et des savoirs locaux dans la gestion durable des ressources naturelles.
Cette dynamique se poursuivra lors de la COP17 de la CNULCD, prévue du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, où gouvernements et partenaires internationaux renforceront leurs engagements pour lutter contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.
Babacar Séne Babaclimat /JournalAgropasteur
