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Une nouvelle page s’ouvre pour le développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a officiellement lancé, le 9 juillet 2026 à Lomé, au Togo, le Programme régional d’appui au développement de l’économie pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS).
Organisée en présentiel et par visioconférence, la cérémonie a réuni les principaux acteurs régionaux et internationaux engagés dans la promotion du pastoralisme.
Financé par l’Union européenne à hauteur de 60 millions d’euros pour une durée de cinq ans (2025-2030), le PRADEP-AOS constitue l’un des plus importants programmes régionaux consacrés au développement durable du pastoralisme dans treize pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Une réponse aux défis du pastoralisme
Le lancement du PRADEP-AOS intervient dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la dégradation accélérée des ressources naturelles, la réduction des espaces de pâturage, les difficultés de mobilité des troupeaux, les maladies animales transfrontalières ainsi que l’insécurité dans plusieurs zones pastorales.
Face à ces défis, le programme entend promouvoir une économie pastorale moderne, résiliente, inclusive et compétitive.
Son ambition est d’améliorer durablement les conditions de vie des ménages pastoraux et agropastoraux tout en renforçant la contribution de l’élevage à la croissance économique, à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et à la stabilité régionale.
Une approche régionale intégrée
Le PRADEP-AOS est coordonné par le Secrétariat exécutif du CILSS en partenariat avec la CEDEAO, le Centre AGRHYMET/CCR-AOS, la GIZ, ENABEL, Care International et plusieurs partenaires techniques et institutionnels.
Le programme repose sur une approche régionale fondée sur la coopération entre les États, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles pastorales, les institutions régionales et les partenaires techniques et financiers.
Cette démarche vise à mieux gérer les ressources naturelles partagées, sécuriser les couloirs de transhumance, renforcer les services vétérinaires et développer les échanges commerciaux du bétail entre les pays.
Le PRADEP-AOS est structuré autour de quatre résultats majeurs :
améliorer la gouvernance des ressources naturelles et des espaces pastoraux partagés ;
renforcer la santé animale et la prévention des maladies transfrontalières ;
développer des chaînes de valeur pastorales plus performantes et compétitives ;
promouvoir un cadre politique et institutionnel favorable à une transhumance apaisée et au commerce régional du bétail.
Ces interventions seront déployées à travers six composantes complémentaires couvrant les principaux bassins pastoraux transfrontaliers de la région.
Avant le lancement officiel, des concertations techniques se sont tenues du 6 au 8 juillet 2026 à Lomé. Elles ont permis aux partenaires de mise en œuvre d’harmoniser leurs approches, de définir les mécanismes de coordination, de planification, de suivi-évaluation, de capitalisation des expériences et de communication afin d’assurer une mise en œuvre cohérente et efficace du programme.
Une mobilisation régionale
La cérémonie officielle a rassemblé les autorités togolaises, les représentants de l’Union européenne, de la CEDEAO, de l’UEMOA, du CILSS, les ministères en charge de l’élevage des pays bénéficiaires, les organisations professionnelles pastorales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les agences de mise en œuvre.
Cette forte mobilisation témoigne de la volonté commune des États et de leurs partenaires de faire du pastoralisme un secteur stratégique pour le développement économique régional.
Le secteur de l’élevage représente un pilier des économies ouest-africaines et sahéliennes. Il contribue en moyenne à 36 % du PIB agricole des pays sahéliens et à 15 % de celui des pays côtiers, tout en assurant les revenus de millions de familles et en jouant un rôle essentiel dans les échanges commerciaux régionaux.
En renforçant la résilience des systèmes pastoraux, en améliorant la gouvernance des ressources naturelles, en sécurisant les déplacements des troupeaux et en développant les chaînes de valeur, le PRADEP-AOS entend accroître durablement la compétitivité du secteur.
À travers la coordination de cette initiative, le CILSS réaffirme son rôle central dans la mise en œuvre des politiques régionales de développement du pastoralisme, de résilience climatique et d’intégration économique.
Le lancement du PRADEP-AOS marque ainsi une étape importante dans la construction d’une économie pastorale moderne, durable et inclusive.
Plus qu’un simple programme de développement, il porte l’ambition de faire du pastoralisme un facteur de paix, de cohésion sociale, de sécurité alimentaire et de prospérité partagée pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Babacar sene journal Agropasteur

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