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Le Centre africain du riz (AfricaRice) et la Fondation africaine pour les technologies agricoles (AATF) ont signé un protocole d’accord d’une durée de cinq ans destiné à renforcer durablement la productivité rizicole en Afrique. À travers cette alliance stratégique, les deux institutions entendent contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout en réduisant la pauvreté grâce à une agriculture plus performante et plus résiliente.Ce partenariat réunit deux acteurs majeurs du développement agricole sur le continent. D’un côté, AfricaRice apporte son expertise scientifique reconnue mondialement dans la recherche, l’amélioration variétale et le développement des systèmes rizicoles. De l’autre, l’AATF met à profit son expérience dans le transfert et la diffusion des innovations agricoles auprès des petits exploitants de 32 pays africains.L’accord prévoit une collaboration étroite pour moderniser les chaînes de valeur du riz, faciliter l’accès des producteurs à des variétés améliorées, notamment des hybrides à haut rendement, et promouvoir des pratiques agricoles durables tout au long de la filière, de la production de semences jusqu’à la commercialisation.Les domaines prioritaires de coopération porteront notamment sur la production et la distribution de semences certifiées, la diffusion des bonnes pratiques agricoles, la mécanisation des opérations culturales, l’utilisation d’outils d’aide à la décision pour une gestion plus efficiente des intrants ainsi que le développement de technologies de transformation visant à améliorer la qualité du riz produit localement.Pour le Directeur général d’AfricaRice, le Dr Baboucarr Manneh, ce partenariat permettra de transformer les résultats de la recherche en solutions concrètes au profit des producteurs.« Grâce à ce partenariat, nous travaillerons avec l’AATF pour développer et promouvoir des outils mécanisés et des équipements agricoles afin de réduire la pénibilité du travail dans la production de riz, d’améliorer l’efficacité de la transformation et de renforcer la qualité du riz produit localement », a-t-il déclaré.De son côté, le Directeur exécutif de l’AATF, le Dr Canisius Kanangire, estime que l’Afrique se trouve à un tournant décisif de son développement agricole.« Nous sommes à la croisée des chemins dans le développement de la production alimentaire en Afrique, où la croissance démographique, les changements climatiques et le déclin de la productivité agricole continuent de menacer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. En investissant dans les innovations agricoles, nous avons une occasion unique de transformer l’agriculture africaine en un puissant moteur de croissance économique », a-t-il affirmé.Au-delà du partenariat institutionnel, ce protocole d’accord s’inscrit dans une dynamique continentale visant à atteindre l’autosuffisance en riz. Il met en synergie le programme de recherche d’AfricaRice et le modèle de partenariat public-privé développé par l’AATF, deux approches complémentaires pour accélérer l’adoption des innovations au bénéfice des producteurs.Cette initiative intervient dans un contexte particulièrement favorable, marqué par les engagements financiers de 1,54 milliard de dollars annoncés lors de la récente Table ronde sur l’investissement dans le secteur rizicole en Afrique de l’Ouest, tenue à Accra. Ces investissements témoignent de la volonté des États et des partenaires techniques et financiers de réduire la dépendance du continent aux importations de riz et de renforcer sa souveraineté alimentaire.Créée en 2003, la Fondation africaine pour les technologies agricoles (AATF) est une organisation internationale à but non lucratif dont la mission est de faciliter l’accès des agriculteurs africains aux innovations et technologies agricoles capables d’améliorer leur productivité, leur sécurité alimentaire et leurs revenus. À ce jour, ses interventions ont bénéficié à plus de 98 millions d’agriculteurs dans 32 pays africains.De son côté, AfricaRice, centre d’excellence panafricain du CGIAR basé à Abidjan, en Côte d’Ivoire, accompagne 28 pays membres dans la recherche, le développement et le renforcement des capacités dans le secteur rizicole. Son action vise à réduire la pauvreté, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et accroître les revenus des acteurs de toute la chaîne de valeur du riz.Analyse des enjeuxCe partenariat marque une étape importante pour le développement de la riziculture africaine. En associant la recherche scientifique, l’innovation technologique et les mécanismes de diffusion auprès des producteurs, AfricaRice et l’AATF cherchent à lever plusieurs contraintes majeures : le faible accès aux semences améliorées, la faible mécanisation, les pertes post-récolte et les effets du changement climatique.Toutefois, la promotion des variétés hybrides à haut rendement devra s’accompagner d’une politique équilibrée garantissant également la préservation des variétés locales, de la biodiversité agricole et de la souveraineté semencière des producteurs. Le succès de cette initiative dépendra également de la capacité des États, du secteur privé et des organisations paysannes à assurer une diffusion inclusive des innovations au profit des exploitations familiales, qui constituent le socle de la production rizicole en Afrique.Babacar Journal Agropasteur

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