La nomination de Coumba Gawlo Seck comme Championne de la FAO, à l’occasion du lancement de l’Année internationale des femmes agricultrices 2026 à Némabah, suscite de nombreuses interrogations.Artiste de renom, Coumba Gawlo Seck s’est engagée à soutenir les initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes rurales en Afrique de l’Ouest, en mettant l’accent sur l’accès aux ressources, à la formation et aux opportunités économiques. Cet engagement est louable.Cependant, cette désignation soulève un débat de fond. Beaucoup d’acteurs du monde rural s’interrogent sur les critères ayant conduit à ce choix. Pourquoi ne pas avoir porté cette distinction sur une agricultrice, une éleveuse, une pêcheuse ou une forestière dont le parcours incarne au quotidien les réalités, les défis et les réussites du secteur agricole ?Au Sénégal, l’agriculture est reconnue comme un véritable métier, comme le rappelle la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASPH). La future carte professionnelle de l’agriculteur traduira d’ailleurs cette volonté de reconnaître et de valoriser les femmes et les hommes qui vivent de cette activité.Dans ce contexte, certains estiment que les distinctions liées au monde agricole devraient, en priorité, mettre à l’honneur celles et ceux qui exercent effectivement ces métiers. Ils craignent que des nominations essentiellement symboliques ou médiatiques finissent par reléguer au second plan les véritables acteurs du développement agricole.Valoriser des personnalités publiques pour leur capacité de sensibilisation est une stratégie de communication compréhensible. Mais cette démarche ne devrait pas occulter la reconnaissance due aux agricultrices, éleveuses, pêcheuses et forestières qui, chaque jour, contribuent à la sécurité alimentaire et au développement des territoires.Le débat mérite donc d’être posé : comment concilier l’impact médiatique d’une championne de bonne volonté et la juste reconnaissance des professionnelles du monde rural ?Babacar sene journal Agropasteur
