Une réforme fiscale qui peut accélérer la transformation du secteur agro-sylvo-pastoral avec l’exonération définitive de la TVA sur les investissements agricoles.Elle constitue un signal fort en faveur de la modernisation du secteur agro-sylvo-pastoral. En levant une contrainte fiscale qui pesait depuis plusieurs années sur les exploitations agricoles, cette réforme améliore sensiblement l’attractivité des investissements productifs.Pour les producteurs, les éleveurs, les horticulteurs et les agroentrepreneurs, la suppression de cette charge fiscale réduit le coût d’acquisition des équipements, des systèmes d’irrigation, des infrastructures de stockage, des matériels de mécanisation et des prestations techniques. Les économies ainsi réalisées pourront être réinvesties dans l’amélioration de la productivité, la création d’emplois et la valorisation des chaînes de valeur agricoles.Cette mesure est également susceptible d’encourager les investissements privés dans un contexte où le Sénégal ambitionne d’accélérer sa souveraineté alimentaire. En rendant les projets agricoles plus rentables, elle peut attirer davantage de capitaux nationaux et étrangers vers les filières stratégiques, notamment les céréales, l’horticulture, l’élevage, l’aviculture et les cultures d’exportation.L’application rétroactive de la mesure aux agréments délivrés depuis le 1er janvier 2013 représente un avantage important pour de nombreux investisseurs. Elle permettra de corriger une situation qui pénalisait les exploitations déjà installées et renforcera la confiance des opérateurs économiques dans la stabilité des politiques publiques.Cette réforme pourrait également favoriser la formalisation des petites et moyennes entreprises agricoles grâce au statut de l’entreprenant. En facilitant l’accès aux avantages fiscaux, aux financements et aux dispositifs d’accompagnement, elle encourage les acteurs du secteur informel à intégrer progressivement l’économie formelle.Toutefois, l’efficacité de cette mesure dépendra de plusieurs facteurs. Les procédures administratives devront être simples, rapides et transparentes. Une large campagne d’information sera également nécessaire afin que les producteurs, les organisations paysannes, les coopératives, les PME rurales et les investisseurs connaissent les conditions d’éligibilité et accomplissent les formalités requises dans les délais.Enfin, cette réforme gagnerait à être accompagnée d’autres leviers structurants : un meilleur accès au crédit agricole, le développement de mécanismes d’assurance agricole, le renforcement des infrastructures rurales, la disponibilité d’une énergie abordable, ainsi que l’amélioration des systèmes de stockage, de transformation et de commercialisation.Au-delà de son impact fiscal, cette décision traduit la volonté des pouvoirs publics de faire du secteur agro-sylvo-pastoral un véritable moteur de croissance économique, de création d’emplois et de résilience face aux changements climatiques. Si sa mise en œuvre est efficace et inclusive, elle pourrait constituer un tournant majeur dans la politique d’investissement agricole du Sénégal.Babacar sene journal Agropasteur
