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Sept ans après la COP14 de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), tenue à New Delhi en 2019, la synergie entre les trois Conventions de Rio désertification, changements climatiques et biodiversité demeure plus que jamais au cœur de l’agenda international. De la COP14 au CRIC23, jusqu’à la COP17 prévue à Oulan-Bator en Mongolie, les États, les scientifiques et la société civile convergent vers une même conviction : les trois crises environnementales sont indissociables et appellent des réponses intégrées.Cette convergence a été remise en lumière lors de la 5ᵉ édition de la Semaine Climat-Énergie 2026 organisée à Dakar, où experts, chercheurs, décideurs et représentants de la société civile ont insisté sur la nécessité d’une approche intégrée pour faire face aux défis environnementaux.Dès la COP14 de New Delhi, le Fonds international de développement agricole (FIDA) alertait sur les conséquences de la dégradation des terres. Selon l’institution, « la dégradation des terres, conjuguée aux changements climatiques et à la perte de biodiversité, pourrait contraindre jusqu’à 700 millions de personnes à migrer d’ici 2050 ».Cette projection illustre les liens étroits entre les trois grandes crises environnementales. Les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt et les phénomènes climatiques extrêmes détruisent chaque année les moyens de subsistance de millions de familles.Aujourd’hui, plus d’un million d’espèces sont menacées d’extinction, tandis que près des trois quarts des terres émergées ont été transformées par les activités humaines. La productivité des sols est en déclin sur environ un quart des terres de la planète, affectant directement près de 3,2 milliards de personnes.La gestion durable des terres au cœur des prioritésLes Conférences des Parties (COP) de la CNULCD constituent le principal cadre international de concertation sur la gestion durable des terres. Elles permettent aux États de définir des objectifs communs visant à restaurer les écosystèmes, préserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie des populations.Organisée en 2019 à Greater Noida, près de New Delhi, la COP14 était principalement consacrée à l’inversion de la dégradation des terres, à la restauration des écosystèmes et à l’accélération de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD).Le FIDA y avait rappelé que les investissements dans l’agriculture durable et le renforcement de la résilience des petits producteurs contribuent directement à plusieurs ODD, notamment ceux relatifs à l’eau (ODD 6), à la consommation et à la production durables (ODD 12), à l’action climatique (ODD 13), ainsi qu’à la préservation des écosystèmes marins et terrestres (ODD 14 et 15).La gouvernance foncière et la société civile mises en avantLa COP14 a également marqué une étape importante avec le lancement du Dialogue avec les organisations de la société civile (OSC) sur l’intégration des régimes fonciers dans le cadre de la Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT).À l’ouverture de cette rencontre, Chandra Kishore Mishra, représentant le président de la COP14, avait salué cette initiative, estimant qu’elle ouvrait une nouvelle étape dans la prise en compte des préoccupations des populations et des organisations citoyennes au sein du processus intergouvernemental.Des représentants d’ONG d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine avaient partagé leurs expériences en matière de gouvernance foncière. Les échanges avaient mis en évidence les difficultés d’accès des femmes à la propriété foncière, les défis liés à l’insécurité foncière des communautés locales ainsi que la nécessité de garantir les droits des peuples autochtones.Plusieurs délégations, notamment celles de l’Union européenne, de la République démocratique du Congo, de la Bolivie, du Gabon, de la Colombie, du Brésil, de l’Argentine, du Burkina Faso et de la Guinée-Bissau, avaient plaidé pour une gouvernance foncière inclusive, adaptée aux réalités nationales et respectueuse des spécificités culturelles.Cette dynamique s’est poursuivie lors de la 23ᵉ session du Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la Convention (CRIC23), tenue au Panama.Représentant la société civile mondiale au sein du Groupe de travail intergouvernemental sur le futur cadre stratégique de la Convention, Emmanuel S. Seck, Directeur exécutif d’Enda Énergie, est revenu sur les principaux enseignements et les moments marquants de cette session.Le CRIC23 a été marqué par d’intenses discussions sur la lutte contre la dégradation des terres, la perte des sols fertiles et la sécheresse. Cette session a coïncidé avec la Journée mondiale des sols du 5 décembre.Les 197 Parties à la Convention ont posé les bases de la prochaine Conférence des Parties, prévue à Oulan-Bator, en Mongolie.Les débats ont largement porté sur la mise en œuvre de l’Agenda d’action adopté à la COP16, notamment le Partenariat mondial pour la résilience à la sécheresse de Riyad et le Mécanisme d’investissement pour la résilience à la sécheresse.Les délégations ont également exploré les moyens de mobiliser davantage de financements publics, privés et bilatéraux afin de soutenir les programmes de gestion durable des terres et de résilience face à la sécheresse.Les discussions ont enfin permis de préparer la reprise des négociations sur un cadre mondial consacré à la sécheresse, attendues lors de la COP17.Le processus Tafa’ul pour restaurer la confiance est lancé par la présidence de la COP16, visant à instaurer un dialogue informel et volontaire entre les Parties afin de renforcer la confiance avant la COP17.Parmi les principales avancées du CRIC23 figurent :l’opérationnalisation du Partenariat mondial pour la résilience à la sécheresse, avec l’adoption de son système de gouvernance et d’un plan d’action destiné à accompagner près de 70 pays ;l’inscription officielle du Caucus Genre, créé lors de la COP15 d’Abidjan, à l’agenda de la Convention ;la première session officielle du Caucus des peuples autochtones, créé à la COP16, qui a plaidé pour une participation accrue aux politiques foncières et aux stratégies nationales de résilience à la sécheresse.Les délégations ont également évalué les progrès accomplis en matière de renforcement des capacités, de gouvernance foncière, de rapportage et de mise en œuvre des objectifs volontaires de Neutralité en matière de Dégradation des Terres.En clôture, la Secrétaire exécutive de la CNULCD, Yasmine Fouad, a rappelé que « les plans nationaux de lutte contre la sécheresse et de neutralité en matière de dégradation des terres restent des mots sur le papier sans financement. Notre mission est désormais de débloquer les investissements nécessaires, y compris ceux du secteur privé, afin que les pays puissent produire des changements concrets sur le terrain. Du Panama à Oulan-Bator, nous devons maintenir l’élan et traduire les engagements en actions. »À quelques semaines de la COP17 d’Oulan-Bator, la 5ᵉ édition de la Semaine Climat-Énergie de Dakar a remis en avant cette indispensable synergie entre les trois Conventions de Rio.Les panélistes ont rappelé qu’aucune réponse durable aux crises environnementales ne peut être apportée de manière sectorielle. La restauration des terres, la lutte contre les changements climatiques et la préservation de la biodiversité doivent être envisagées comme les trois dimensions d’un même combat.Les discussions ont également mis en avant la nécessité d’intégrer les questions de genre, l’éducation au changement climatique, les savoirs locaux et les pratiques traditionnelles dans les politiques publiques. Les communautés locales ont été reconnues comme des acteurs essentiels de l’action climatique et de la restauration des écosystèmes.Enfin, les participants ont appelé les gouvernements et les partenaires techniques et financiers à faciliter l’accès des communautés aux mécanismes de financement afin qu’elles puissent mettre en œuvre des solutions adaptées à leurs réalités.De New Delhi à Oulan-Bator, une même ambitionÀ l’approche de la COP17, un constat s’impose : la réussite des objectifs des Conventions de Rio passera nécessairement par une gouvernance intégrée des ressources naturelles, une meilleure coordination des politiques publiques et une participation renforcée des communautés, véritables gardiennes des terres, de la biodiversité et du climat.De New Delhi à Panama, puis d’Oulan-Bator à Dakar, les enseignements convergent. La COP14, le CRIC23 et les préparatifs de la COP17 démontrent que la lutte contre la désertification, les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité ne peuvent plus être traités séparément. Leur synergie constitue désormais l’un des principaux leviers pour construire des territoires plus résilients et un développement véritablement durable.Babaclimat Journal Agropasteur

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