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À l’ouverture de la 17ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de la CNULCD), les Parties ont adopté l’ordre du jour de la conférence sans quatre points substantiels jugés essentiels, à la suite d’objections formulées unilatéralement par deux États.Les organisations de la société civile (OSC), les peuples autochtones et les communautés locales, les pasteurs, les petits exploitants agricoles, les femmes et les jeunes engagés dans le processus de la CNULCD, réunis et représentés par le Panel des organisations de la société civile de la CNULCD, estiment que ces exclusions portent atteinte à l’intégrité de la gouvernance environnementale multilatérale et risquent de remettre en cause plusieurs décennies de consensus dans la coopération internationale.À la suite des objections de deux Parties, la présidence de la COP17 a placé quatre points essentiels de l’ordre du jour « en attente de consultations ».Les États-Unis se sont opposés au point 4 relatif aux synergies entre les Conventions de Rio, au point 5 consacré aux approches sensibles au genre, ainsi qu’au point 8(a) portant sur la participation de la société civile et des peuples autochtones.Dans une déclaration écrite d’ouverture distincte, la délégation américaine a également indiqué son intention de s’opposer à l’utilisation des termes « genre », « changement climatique » et « peuples autochtones » dans l’ensemble de l’ordre du jour de la COP17. Selon le Panel de la société civile, cette position remet en question une terminologie déjà consacrée par sept décisions antérieures de la Conférence des Parties, depuis la COP10 en 2011.De son côté, la Fédération de Russie s’est opposée au point 3 portant sur le futur cadre stratégique de la CNULCD.« Un précédent dévastateur pour le multilatéralisme mondial »Pour le Panel des OSC de la CNULCD, ces blocages ne constituent ni une simple question technique ni un banal retard administratif.La réduction de l’espace civique, la remise en cause de l’égalité entre les femmes et les hommes et le blocage des synergies fondées sur les connaissances scientifiques à la COP17 toucheraient, selon le Panel, au cœur même de l’ordre international fondé sur des règles.La société civile estime que si des Parties étaient autorisées à écarter les droits humains, le leadership des peuples autochtones et la coopération entre les conventions de l’ordre du jour d’une instance des Nations unies, cela créerait un précédent susceptible de se répercuter sur les futures négociations de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et de la Convention sur la diversité biologique (CDB).« Les peuples autochtones sont des détenteurs de droits et de connaissances, ainsi que les gardiens de plus de la moitié des terres du monde », souligne le Panel. Ils ne doivent pas être considérés comme de simples parties prenantes à consulter a posteriori, alors qu’ils participent déjà à la restauration des terres dégradées, à l’adaptation des systèmes alimentaires et au renforcement de la résilience grâce à des générations de pratiques de gestion des territoires.Le Panel met également en avant la mobilité pastorale, les savoirs traditionnels associés à la recherche scientifique et l’action collective comme autant de contributions essentielles à la restauration des terres et à l’adaptation aux changements environnementaux.La société civile réclame le rétablissement des points suspendusFace à cette situation, le Panel des OSC de la CNULCD appelle la présidence de la COP17 et l’ensemble des Parties favorables au processus à prendre plusieurs mesures.Premièrement, rétablir les points différés. Le Panel demande la réintégration officielle des points 3, 4, 5 et 8(a) dans l’ordre du jour de la COP17.Deuxièmement, réaffirmer les principes non négociables. Il appelle à réaffirmer publiquement l’importance des approches sensibles au genre, des droits humains et de la participation effective de la société civile, des peuples autochtones et des communautés locales comme conditions indispensables à une mise en œuvre légitime et efficace de la Convention.Troisièmement, garantir l’accès aux processus décisionnels. Les OSC, les peuples autochtones, les communautés locales, les pasteurs, les petits exploitants, les femmes et les jeunes doivent pouvoir participer de manière réelle, continue et suffisamment soutenue aux travaux de la COP17, notamment dans les groupes de contact, les sessions de rédaction et les processus de décision finale, et pas uniquement à travers les événements parallèles.Quatrièmement, renforcer les synergies entre les Conventions de Rio. Le Panel demande de maintenir l’alignement entre les politiques relatives aux terres, au climat et à la biodiversité comme un cadre opérationnel central, et non comme une option secondaire.Pour les organisations de la société civile, la restauration des terres, la neutralité en matière de dégradation des terres (NDT/LDN) et la résilience des communautés ne peuvent être dissociées d’une gouvernance inclusive, de la reconnaissance des droits humains et d’une coopération multilatérale solide.À travers ces revendications, le Panel des OSC entend ainsi rappeler que la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse nécessite une mobilisation collective et une participation effective de tous les acteurs concernés, au premier rang desquels les communautés qui vivent et travaillent directement sur les territoires.Babaclimat Journal Agropasteur

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