Les pâturages ne sont pas des terres incultes. » Cette idée forte a largement dominé les échanges lors d’une session conduite par le Global Landscapes Forum (GLF) en marge de la COP17 sur la désertification. La rencontre a notamment permis de mettre en lumière les enseignements tirés de l’expérience africaine dans la recherche de solutions pour atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres.Les intervenants ont rappelé que la santé et la durabilité des parcours pastoraux reposent sur plusieurs facteurs essentiels : la mobilité des éleveurs et des troupeaux, un accès sécurisé aux terres et à l’eau, des institutions communautaires solides, la santé du cheptel ainsi que la valorisation des savoirs traditionnels et locaux, en complément des connaissances scientifiques.La question du financement a suscité l’un des échanges les plus animés de la session. Une interrogation a notamment retenu l’attention : qui doit investir dans les parcours pastoraux et le développement du pastoralisme ?Pour Fozia Noor, il est indispensable de créer les conditions permettant d’attirer davantage d’investissements vers ce secteur. « Nous devons faciliter les investissements dans le pastoralisme », a-t-elle souligné.Les échanges ont ensuite porté sur la nature des investissements nécessaires et sur les moyens de mieux reconnaître la valeur économique, sociale et environnementale créée à long terme par les communautés pastorales à travers la gestion durable des ressources naturelles.Les participants ont également insisté sur la nécessité d’associer davantage les communautés locales, les femmes et les jeunes aux processus d’élaboration des politiques publiques et aux instances de décision concernant les territoires pastoraux.
Au-delà de la seule question du financement, les discussions ont mis en évidence l’importance de considérer les parcours pastoraux comme des écosystèmes productifs et stratégiques, plutôt que comme des espaces dégradés ou improductifs.d’où les savoirs pastoraux sont au service de la restauration des terresLa mobilité pastorale, les connaissances endogènes et les mécanismes communautaires de gestion des ressources constituent, selon les participants, des leviers importants pour renforcer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique et à la dégradation des terres.La session a ainsi contribué à élargir les perspectives sur la neutralité en matière de dégradation des terres, en mettant en avant le rôle central du pastoralisme dans la restauration des écosystèmes, la sécurité alimentaire et la résilience des communautés.La rencontre a réuni notamment Amanubo Amos, Fozia Noor, Serena Ferrari, Joshua Laizer, Sintayehu Alemayehu et Ermias Betemariam, autour des enjeux liés à l’avenir des parcours pastoraux en Afrique et dans d’autres régions du monde.À travers ces échanges, un message se dégage : investir dans les pâturages, c’est aussi investir dans les communautés qui les entretiennent, dans la biodiversité et dans la résilience des territoires.Babaclimat Journal Agropasteur
