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Le dialogue ministériel consacré aux mécanismes financiers innovants pour des terres saines et une meilleure résilience face à la sécheresse a constitué l’un des temps forts de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Les échanges ont mis en évidence l’urgence de combler le déficit de financement consacré à la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse (DLDD), tout en mobilisant davantage les investissements privés.Au nom de la présidence de la COP17, Togmidyn Dorjkhand, vice-Premier ministre de la Mongolie, a, à l’ouverture du dialogue, souligné l’ampleur du déficit annuel de financement, estimé à 278 milliards de dollars américains, nécessaire pour répondre aux défis liés à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse. Il a également attiré l’attention sur l’Initiative phare sur les pâturages, dans un contexte où les terres pastorales constituent un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et la résilience des communautés.La Secrétaire générale adjointe des Nations unies, Mme Amina J. Mohammed, a appelé à une réorientation des subventions agricoles afin de favoriser des pratiques contribuant à la restauration et à la préservation des terres. Elle a également plaidé pour le développement de nouveaux mécanismes d’incitation financière, notamment les taxes environnementales, les paiements pour services écosystémiques (PSE), les obligations vertes souveraines et les instruments de dette.Elle a insisté sur la nécessité de constituer des portefeuilles d’investissement suffisamment importants pour attirer les capitaux, de développer des modèles de revenus générant de multiples bénéfices, de renforcer les instruments de partage des risques et de favoriser les financements en monnaie locale.Pour le Secrétaire exécutif de la CNULCD, Ibrahim Thiaw, la mobilisation des ressources passe également par une meilleure préparation des projets. Il a insisté sur l’importance d’impliquer les parties prenantes pertinentes, de rendre les plans et projets plus attractifs pour les investisseurs et de créer de véritables filières de financement.Il a notamment appelé à transformer les plans nationaux de lutte contre la sécheresse en plans d’investissement contre la sécheresse, tout en intégrant davantage le financement de la restauration des terres dans les mécanismes des Conventions de Rio.Le dialogue ministériel a été marqué par plusieurs annonces financières concrètes destinées à accélérer les investissements dans la restauration des terres, l’agriculture durable et la résilience climatique.La Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé le lancement d’une Initiative pour le financement des investissements et l’éradication de la dégradation des terres et de la désertification, en partenariat avec le Fonds qatari pour le développement et l’Initiative verte du Moyen-Orient. Cette initiative vise notamment à soutenir l’agriculture durable et la gestion des pâturages.Sur le continent africain, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé son intention de mobiliser 500 millions de dollars américains sur cinq ans pour renforcer la résilience des systèmes alimentaires, soutenir les moyens de subsistance et préserver les écosystèmes dans huit pays africains.De son côté, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a annoncé le lancement d’un appel à projets destiné à financer des initiatives de petite et moyenne envergure dans le cadre du Fonds mondial pour l’adaptation fondée sur les écosystèmes. L’objectif est d’étendre et de diversifier les interventions dans les régions arides des pays les moins avancés.Plusieurs pays européens ont également annoncé des contributions financières. Le Luxembourg a annoncé la création d’un Fonds d’investissement pour la résilience face à la sécheresse, doté de 2 millions d’euros, afin de contribuer à la mise en œuvre du Partenariat mondial de Riyad pour la résilience face à la sécheresse.L’Espagne a annoncé un engagement de 10 millions d’euros en faveur de l’Alliance internationale pour la résilience face à la sécheresse, auxquels s’ajoutent 10 millions d’euros destinés à soutenir le neuvième cycle de reconstitution du Fonds pour l’environnement mondial (FEM-9).L’Allemagne a, pour sa part, annoncé une contribution de 11 millions d’euros à l’initiative « CompensACTION », destinée à élargir son portefeuille et à favoriser la mobilisation de financements privés.L’Union européenne a également annoncé un engagement de 20 millions d’euros en faveur de l’initiative « Thrivelands », pour soutenir la restauration écologique, la sécurité alimentaire et la résilience dans les zones arides à travers le monde.Il sera véritablement de faire de la restauration des terres un investissement rentableUne table ronde consacrée au financement climatique a mis en évidence la nécessité de renforcer les investissements publics pour créer les conditions permettant de mobiliser davantage de capitaux privés.Les participants ont relevé que, malgré un retour sur investissement pouvant atteindre huit dollars pour un dollar investi dans certains projets de restauration des terres, les flux financiers demeurent encore insuffisants. Ils ont appelé à considérer la terre comme un actif économique et écologique essentiel, nécessitant des investissements à long terme.Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de rendre les projets de restauration « bancables », d’améliorer la visibilité des revenus attendus et de garantir un environnement politique et réglementaire suffisamment stable pour rassurer les investisseurs.Le message central de la table ronde est sans équivoque : investir dans la lutte contre la désertification et la dégradation des terres permet non seulement de restaurer les écosystèmes, mais aussi d’augmenter la production, de soutenir les moyens de subsistance et de renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.Les participants ont surtout rappelé que le coût de l’inaction serait trois fois supérieur à celui de la restauration des terres, soulignant ainsi l’urgence d’accélérer les investissements.Des engagements qui appellent à une mobilisation accrueAu cours des interventions ministérielles, plusieurs pays ont présenté leurs initiatives nationales et réaffirmé leur volonté de renforcer la lutte contre la désertification, la dégradation des terres et la sécheresse.Au-delà des annonces financières, le dialogue ministériel a ainsi fait émerger une priorité commune : passer d’une logique de financement fragmenté à une véritable stratégie d’investissement dans les terres, les écosystèmes et la résilience des communautés.À Oulan-Bator, les participants ont appelé à transformer les engagements en investissements concrets, capables de soutenir durablement les territoires vulnérables, de renforcer la sécurité alimentaire et de faire de la restauration des terres un levier majeur du développement durableBabaclimat Journal Agropasteu

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