À la COP17 de la Convention sur la diversité biologique (CDB), organisée à Erevan, en Arménie, l’Association française des parcs zoologiques (AFdPZ) et plusieurs organisations internationales ont mis en lumière la contribution de la conservation ex situ à la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Les échanges ont souligné l’importance des partenariats entre zoos, aquariums, institutions scientifiques et gouvernements pour protéger les espèces menacées et traduire les engagements internationaux en actions concrètes.Au Pavillon de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’Association française des parcs zoologiques (AFdPZ) a participé à une session consacrée au renforcement des contributions de la conservation ex situ à l’atteinte des objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.Organisée avec la World Association of Zoos and Aquariums (WAZA), l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA), Chester Zoo, San Diego Zoo Wildlife Alliance et Reverse the Red, cette rencontre a permis de présenter plusieurs initiatives illustrant le rôle des partenariats dans la préservation de la biodiversité.La conservation ex situ est au service de la lutte contre le trafic d’espèces sauvagesParmi les interventions, Cécile Erny, représentante de l’AFdPZ, a présenté le Service d’assistance aux animaux sauvages saisis (SAASS). Ce dispositif, confié à l’association dans le cadre d’un marché public du ministère français chargé de la Transition écologique, mobilise les compétences du réseau zoologique pour contribuer à la prise en charge des animaux sauvages saisis.Présenté comme unique en Europe, le SAASS illustre la contribution que les réseaux zoologiques peuvent apporter à la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Cette action s’inscrit dans les efforts visant à mettre en œuvre la cible 5 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, consacrée notamment à l’utilisation, à la récolte et au commerce durables des espèces sauvages, ainsi qu’à la lutte contre leur exploitation excessive.Des contributions complémentaires à la conservation de la biodiversité ont permis à d autres intervenants de mettre en évidence différentes dimensions de l’engagement des zoos et aquariums dans la conservation des espèces.Paula Cerdán, de la WAZA, a souligné la mobilisation de la communauté zoologique mondiale en faveur de la réalisation des objectifs du Cadre mondial de la biodiversité.De son côté, Alice Albertini, de l’EAZA, a rappelé que la conservation ex situ, menée en dehors des habitats naturels, ne saurait se substituer à la conservation in situ, qui vise à protéger les espèces dans leurs milieux naturels. Les deux approches sont complémentaires et peuvent contribuer conjointement à la préservation de la biodiversité.Le Dr Cynthia Steiner, de San Diego Zoo Wildlife Alliance, a présenté le rôle des biobanques dans la conservation des espèces. Ces infrastructures permettent notamment de préserver des ressources biologiques et génétiques susceptibles de soutenir les programmes de recherche et de conservation. Cette contribution rejoint les ambitions des cibles 4 et 21 du Cadre mondial, relatives respectivement au rétablissement des espèces menacées et à l’accès aux connaissances et aux données nécessaires à l’action en faveur de la biodiversité.Bridget Johnson, de Chester Zoo, a, pour sa part, abordé l’élargissement du rôle sociétal des zoos et aquariums. Au-delà de la conservation des espèces, ces établissements peuvent contribuer à la sensibilisation du public, à l’évolution des comportements et à la mobilisation citoyenne, en lien avec les cibles 12, 16 et 21 du Cadre mondial.La coalition CARES pour accélérer le rétablissement des espèces menacéesEn clôture des échanges, Kira Mileham, de Reverse the Red, a insisté sur la nécessité d’une approche globale de la conservation, fondée sur la mobilisation et la coopération de l’ensemble des acteurs concernés.Elle a également présenté la Coalition of Action to Recover Endangered Species (CARES), dont Reverse the Red assure le secrétariat. Cette coalition réunit 17 gouvernements, parmi lesquels l’Arménie et la Colombie, présentées comme étant à son initiative. Elle vise à accélérer le rétablissement des espèces menacées et à soutenir la mise en œuvre de la cible 4 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.Cette cible porte notamment sur les mesures urgentes destinées à enrayer l’extinction des espèces menacées, à favoriser leur rétablissement et à préserver la diversité génétique.La session organisée au Pavillon de l’UICN a ainsi permis de mettre en évidence la diversité des contributions des zoos et aquariums à la conservation de la biodiversité : prise en charge des animaux sauvages saisis, préservation des ressources génétiques, recherche scientifique, sensibilisation du public et coopération internationale.Les échanges ont également rappelé que la conservation ex situ ne peut produire pleinement ses effets sans articulation avec la protection des habitats naturels et l’implication des acteurs locaux.À l’heure où la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal constitue un enjeu majeur, ces partenariats illustrent la nécessité de rapprocher les engagements internationaux des initiatives opérationnelles afin de renforcer la protection des espèces et la préservation du vivant.Babaclimat Journal Agropasteur
