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Formation, recherche et valorisation des compétences locales : le Sénégal dispose de ressources humaines capables d’accompagner la transition écologique et de faire vivre sa nouvelle Taxonomie verte. L’enjeu est désormais de mieux mobiliser cette expertise nationale, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la résilience climatique et de la finance durable. Le Sénégal vient de franchir une étape importante dans sa politique de transition écologique avec le lancement officiel, le 19 octobre 2026, de sa Taxonomie verte. Adopté en mai 2026, ce référentiel national vise à orienter les investissements vers des activités économiques répondant à des critères environnementaux précis. Il constitue également un instrument stratégique pour mobiliser les financements nécessaires à la transformation durable de l’économie nationale. Mais au-delà de cet acquis réglementaire et financier, une question mérite d’être posée : comment le Sénégal entend-il valoriser ses propres compétences son expertise nationale pour assurer la mise en œuvre de cet outil stratégique ?La Taxonomie verte ne saurait se limiter à un document technique destiné aux banques, aux investisseurs et aux institutions publiques. Son efficacité dépendra aussi de la capacité du pays à former des spécialistes, à accompagner les entreprises et à mobiliser les connaissances scientifiques et techniques disponibles au Sénégal.Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, les besoins sont considérables. Agriculture, élevage, gestion des ressources en eau, restauration des terres, protection du littoral, énergies renouvelables et gestion des déchets : autant de domaines dans lesquels les compétences nationales peuvent contribuer à identifier, concevoir et évaluer des investissements durables.Le Sénégal dispose notamment de chercheurs, d’universitaires, d’ingénieurs, de spécialistes de l’environnement, de professionnels de la finance et de praticiens du développement rural. La question n’est donc pas seulement de savoir si cette expertise existe, mais de déterminer comment elle peut être davantage mobilisée dans la mise en œuvre de la Taxonomie verte.Il convient toutefois de distinguer la participation d’experts nationaux à l’élaboration du référentiel de leur implication effective dans son application. Les autorités sénégalaises ont travaillé avec l’appui de partenaires techniques, notamment la coopération allemande et l’Union européenne. Pour autant, l’enjeu de la souveraineté ne se résume pas à l’origine des financements ou des appuis : il réside aussi dans la capacité du Sénégal à maîtriser durablement les outils, les méthodes et les compétences nécessaires à leur utilisation durable.En cela l’ISF de Dakar est un exemple de potentiel dans la formation financièreC’est dans cette perspective que la formation supérieure mérite une attention particulière. L’Institut supérieur de finance (ISF), établissement privé d’enseignement supérieur situé au Point E, à Dakar, constitue un exemple des capacités nationales de formation dans les métiers de la finance.L’établissement propose plusieurs cursus spécialisés, notamment en banque-finance, ingénierie financière et finance d’entreprise. Son Master Finance, Technologie et Data Science forme également des professionnels capables de mobiliser les données et les outils technologiques dans l’analyse et la gestion financières. Son offre de formation mentionne par ailleurs la finance durable parmi les compétences et les certifications proposées. Cette évolution ouvre des perspectives intéressantes. Les futurs cadres financiers peuvent être appelés à contribuer à l’analyse des risques climatiques, à l’évaluation des investissements responsables et au suivi des financements destinés à la transition écologique.Pour autant, il importe de préciser que l’existence de formations en finance durable ne signifie pas automatiquement que la Taxonomie verte est déjà enseignée comme module spécifique à l’ISF, ni que l’établissement a participé à son élaboration. Ces éléments mériteraient d’être confirmés auprès de la direction de l’institut.L’enjeu est néanmoins clair : les établissements sénégalais d’enseignement supérieur peuvent contribuer à préparer les compétences nécessaires à l’appropriation de cet instrument national.La pertinence d’une expertise nationale apparaît particulièrement importante dans le secteur agricole.Agriculture sahélienne, restauration des terres et résilience climatique où le Sénégal est confronté à des défis structurels : irrégularité des précipitations, sécheresse, dégradation des sols, salinisation des terres, pression sur les ressources en eau et vulnérabilité des systèmes de production.La partie consacrée à l’adaptation et à la résilience climatique, ainsi que celle portant sur l’agriculture, figurent parmi les documents officiels publiés par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. « Documents officiels sur la Taxonomie verte » (https://www.finances.gouv.sn/ressources/documents)Dans ce domaine, les connaissances locales et les résultats de la recherche nationale peuvent apporter une contribution déterminante à l’identification des projets durables.L’agroécologie, la restauration de la fertilité des sols, la gestion rationnelle de l’eau, la régénération naturelle assistée, l’agroforesterie et les pratiques agricoles adaptées aux conditions sahéliennes constituent autant de pistes à examiner dans le cadre des critères techniques applicables.De même, les investissements dans l’irrigation économe en eau, les équipements adaptés aux petites exploitations et les infrastructures hydrauliques résilientes peuvent contribuer à renforcer la sécurité alimentaire, sous réserve de leur conformité aux critères précis de la Taxonomie.L’expertise sénégalaise, notamment celle des chercheurs, des services techniques, des organisations de producteurs et des acteurs du développement rural, doit ainsi pouvoir participer à l’identification des besoins et à l’évaluation des résultats sur le terrain.La protection du littoral représente un autre domaine stratégique. À Saint-Louis, à Rufisque et sur la Petite Côte, l’érosion côtière constitue une menace pour les populations, les infrastructures et les activités économiques.Dans le Sine-Saloum et en Casamance, la préservation et la restauration des mangroves peuvent également contribuer à la protection des écosystèmes, au maintien de la biodiversité et au renforcement de la résilience des communautés.Les solutions fondées sur la nature, lorsqu’elles répondent aux exigences environnementales et techniques applicables, offrent des perspectives pour associer protection des écosystèmes et développement économique.Les spécialistes sénégalais de l’environnement et du Développement Durable les chercheurs, les collectivités territoriales , les organisations communautaires et les médias ont ici un rôle important à jouer. Leur connaissance des milieux naturels et des réalités locales peut contribuer à concevoir des projets mieux adaptés aux territoires et à leurs populations.Ainsi de la formation à l’application : un défi de souveraineté, la Taxonomie verte du Sénégal s’inscrit dans une dynamique de mobilisation des investissements et de transition vers une économie plus résiliente. Selon les autorités, les besoins de financement climatique du pays sont estimés à environ 13 milliards de dollars d’ici à 2030. Pour transformer cet instrument en résultats concrets, plusieurs défis devront être relevés : former les professionnels, diffuser les critères auprès des entreprises, accompagner les petites et moyennes entreprises, renforcer les capacités des banques et faciliter l’accès des acteurs économiques aux financements durables.La préférence nationale en matière d’expertise ne devrait donc pas être considérée comme un simple principe déclaratif. Elle pourrait se traduire par des programmes de formation spécialisés, des partenariats entre les universités et les institutions financières, des dispositifs de recherche appliquée et une participation accrue des compétences sénégalaises aux missions d’évaluation et de suivi des projets.L’appui international peut rester utile, notamment pour le transfert de connaissances, la comparaison des référentiels et l’accès aux financements. Mais il doit aussi contribuer à renforcer les capacités nationales afin que le Sénégal puisse progressivement maîtriser les outils dont il s’est doté.Le lancement de la Taxonomie verte constitue une première étape. Sa réussite se mesurera à sa capacité à orienter les investissements, à améliorer la résilience des territoires et à soutenir une économie plus respectueuse de l’environnement. Dès lors, une question centrale pour les autorités, quels mécanismes seront mis en place pour associer durablement les établissements sénégalais de formation, les chercheurs, les experts sectoriels et les organisations professionnelles à l’application de la Taxonomie verte ?L’expertise nationale existe dans plusieurs domaines indispensables à cette transition. Le défi consiste désormais à la mobiliser, à la renforcer et à lui donner toute sa place dans la mise en œuvre de cet instrument stratégique. Car la souveraineté économique et environnementale ne repose pas uniquement sur la possession d’un référentiel national. Elle dépend aussi de la capacité du pays à former ses propres spécialistes, à produire ses connaissances et à appliquer ses outils en fonction de ses priorités et de ses réalités. Soutenir l’Agriculture dans une vision globale de Développement durable c’est aussi aller ers la Taxonomîe Agricole Babaclimat Journal Agropasteur

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