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À la COP17 sur la biodiversité, organisée à Erevan, en Arménie, l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) a partagé l’expérience du projet NATAE, consacré à la transition agroécologique en Afrique du Nord. L’objectif vise à montrer comment des pratiques agricoles adaptées aux territoires peuvent concilier production alimentaire, préservation de la biodiversité, restauration des écosystèmes et amélioration durable des moyens de subsistance.À l’occasion de la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique (CDB), à Erevan, l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), représenté par Mme Leila Bennani, chargée de communication, a mis en lumière les enseignements du projet NATAE (North African Transition to Agroecology). Cette initiative illustre la contribution de l’agroécologie à la transformation des systèmes alimentaires et au renforcement de leur résilience face aux pressions environnementales et climatiques.Lors de la session intitulée « Scaling Regenerative Agriculture for Nature and People: Pathways to Biodiversity-Positive Food Systems and Sustainable Livelihoods », les participants ont échangé sur les conditions nécessaires pour développer à plus grande échelle l’agriculture régénératrice, restaurer les écosystèmes dégradés et promouvoir des pratiques agricoles plus durables. Les discussions se sont notamment inscrites dans la perspective des cibles 2 et 10 du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, qui portent respectivement sur la restauration des écosystèmes dégradés et la gestion durable des espaces agricoles, aquacoles, halieutiques et forestiers.Les échanges ont également mis en évidence deux leviers essentiels à cette transition : la mobilisation de financements durables et l’implication des acteurs des chaînes de valeur agricoles.Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon Europe, le projet NATAE qui promeut des solutions agroécologiques adaptées aux territoires, mise sur une approche participative fondée notamment sur les Living Labs, ou laboratoires vivants. Ces espaces d’expérimentation et de concertation favorisent la conception et l’adaptation de pratiques agroécologiques en associant chercheurs, agriculteurs et autres acteurs des territoires.En tant que partenaire du projet, l’OSS contribue à rapprocher la recherche scientifique des besoins des producteurs et des réalités environnementales de l’Afrique du Nord. L’enjeu est de promouvoir des solutions adaptées aux contextes locaux, dans une région confrontée au stress hydrique, à la dégradation des terres et aux effets du changement climatique.Dans ce contexte, la diversification des systèmes agricoles apparaît comme une voie pour renforcer leur résilience, préserver les ressources naturelles et améliorer la capacité des exploitations à faire face aux aléas climatiques.Cette démarche participative rejoint les objectifs défendus lors de la COP17visant à faire évoluer les pratiques agricoles afin de mieux concilier production alimentaire, santé des sols, conservation de la biodiversité et restauration des écosystèmes.De l’exploitation agricole à la restauration des paysagesAu-delà de l’adoption de nouvelles pratiques à l’échelle des exploitations, le passage à l’échelle de l’agroécologie suppose une meilleure articulation entre les interventions agricoles, les objectifs de conservation de la biodiversité et les initiatives de restauration des paysages.Il nécessite également de renforcer les liens entre les connaissances scientifiques, les expériences de terrain et les dispositifs de suivi de la biodiversité. L’objectif est de mieux mesurer les effets des pratiques agroécologiques, de documenter les résultats obtenus et de fournir aux décideurs des éléments concrets pour orienter leurs politiques et leurs investissements.Dans cette perspective, l’OSS a souligné l’intérêt de mieux connecter les initiatives locales, notamment les Living Labs du projet NATAE, aux mécanismes de planification et de suivi de la biodiversité. Une telle articulation permettrait de mieux valoriser les expériences conduites sur le terrain et de renforcer leur contribution aux objectifs mondiaux de conservation et de restauration des écosystèmes.Malgré leur potentiel, les pratiques agroécologiques restent confrontées à plusieurs obstacles. Les coûts liés à leur adoption, l’accès limité à l’accompagnement technique, les difficultés d’accès aux marchés et l’insuffisance de financements à long terme peuvent freiner leur diffusion auprès des producteurs.Les organisations paysannes et les petites et moyennes entreprises agroalimentaires ont, à cet égard, un rôle important à jouer. En structurant les chaînes de valeur locales, en facilitant l’accès aux marchés et en accompagnant les producteurs, elles peuvent contribuer à rendre les pratiques durables plus accessibles et économiquement viables.L’OSS a également insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement pérennes et de veiller à une répartition plus équitable de la valeur créée, afin que les agriculteurs puissent tirer pleinement profit de leur engagement dans la transition agroécologique.À travers le projet NATAE, l’Observatoire du Sahara et du Sahel entend ainsi contribuer aux réflexions sur les conditions nécessaires à l’accélération de cette transition en Afrique du Nord. Une démarche qui vise à rapprocher les pratiques agricoles des objectifs de biodiversité, tout en répondant aux besoins des populations et aux impératifs de durabilité des systèmes alimentaires.Babaclimat journal Agropasteur

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