Le Sénégal s’engage dans une meilleure connaissance de son cheptel à travers le Recensement national de l’élevage (RNE), une opération destinée à produire des données fiables et pertinentes pour orienter les politiques publiques et renforcer le développement du secteur. À l’occasion d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes organisé à Dakar, le coordonnateur du Bureau central chargé de superviser le recensement national de l’élevage coordinateur de la Cellule des Études et de la Planification du ministère en charge de l’élevage Amadou Ndiaye, a insisté sur le rôle stratégique des statistiques et sur l’importance de l’implication des médias dans la diffusion et la valorisation des résultats.« Le recensement national de l’élevage n’a jamais été réalisé au Sénégal », a déclaré Amadou Ndiaye, soulignant la nécessité de disposer d’informations fiables pour élaborer des politiques publiques capables de produire des résultats concrets et d’avoir un impact positif sur les populations.Selon lui, cette opération vise à améliorer considérablement les informations structurelles sur le secteur de l’élevage afin de mieux concevoir les politiques publiques, d’en faciliter la mise en œuvre et d’orienter les projets et initiatives de développement.Le coordonnateur a précisé que le recensement prend en compte toutes les espèces animales concernées par l’opération, sans en laisser aucune de côté. Au total, 18 espèces sont annoncées comme étant couvertes par cette démarche, qui ambitionne de dresser un état des lieux plus complet du patrimoine animal du Sénégal.Un inventaire exhaustif pour mieux connaître le cheptel.Pour Amadou Ndiaye, l’enjeu est de taille. Le cheptel constitue non seulement une source de revenus, mais également une forme de sécurité sociale et un patrimoine essentiel pour les éleveurs. Dans les communautés pastorales, il représente souvent une véritable assurance sur la vie, permettant aux ménages de faire face aux difficultés économiques et aux aléas climatiques.Ce potentiel reste toutefois insuffisamment documenté. Dominé notamment par le système pastoral extensif, le secteur de l’élevage n’a pas encore fait l’objet d’un inventaire exhaustif permettant d’en apprécier pleinement l’importance et les capacités de développement.L’insuffisance de données fiables constitue ainsi une contrainte majeure pour mesurer la contribution réelle de l’élevage à l’économie nationale, identifier les besoins des acteurs et définir des interventions adaptées.Le Recensement national de l’élevage entend répondre à cette lacune en améliorant les connaissances sur le cheptel et les caractéristiques structurelles du secteur. Les informations collectées devront contribuer à une meilleure formulation des politiques publiques, à un pilotage plus efficace des projets et à une meilleure valorisation du potentiel de l’élevage.Au-delà de la collecte des données, les autorités chargées du recensement entendent faire des médias des partenaires essentiels pour assurer une meilleure compréhension de cette opération par les populations.Les médias sont des acteurs clés de la diffusion des résultatsL’atelier de renforcement des capacités organisé ce 30 octobre à Dakar s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à permettre aux journalistes de mieux comprendre les objectifs du recensement, d’en appréhender les résultats, de les interpréter correctement et de les restituer au public de manière claire et accessible.« Les médias jouent un rôle important », a rappelé le coordonnateur, justifiant ainsi la nécessité de renforcer les capacités des professionnels de l’information sur les enjeux et les résultats du RNE.Cette rencontre constitue également une occasion de partager avec les journalistes les principaux éléments du cadre légal et juridique encadrant le recensement, ainsi que les textes qui organisent sa mise en œuvre.L’objectif est de donner aux professionnels des médias les outils nécessaires pour traiter l’information statistique avec davantage de précision et de rigueur, tout en contribuant à une meilleure appropriation des données par les acteurs du secteur et le grand public.Pour les responsables du recensement, l’atelier ne doit pas se limiter à une simple séance d’information. Il s’agit aussi de poser les bases d’un cadre durable de dialogue et d’échanges entre les responsables des politiques publiques, les acteurs du secteur et les médias autour des statistiques de l’élevageet aller ainsi vers un cadre permanent d’échanges autour des statistiques de l’élevageLa pérennisation de cet espace de concertation pourrait favoriser une meilleure circulation de l’information, renforcer la culture statistique dans les rédactions et encourager une utilisation plus pertinente des données dans le débat public.En associant les journalistes à cette démarche, les responsables du RNE entendent faire de la communication un levier essentiel de valorisation des résultats du recensement et de sensibilisation des populations aux enjeux de l’élevage.Sur le plan géographique, l’opération couvre l’ensemble du territoire national, avec les 14 régions et les 46 départements du Sénégal. Cette couverture nationale doit permettre de disposer d’une base d’informations plus complète pour mieux connaître les réalités de l’élevage, soutenir la prise de décision et accompagner durablement le développement du secteur.Babacar sene journal Agropasteur
