Plus qu’une simple réunion de concertation, la rencontre entre le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, le Ministre délégué chargé de l’Élevage, Me Ousmane Diagne, et les organisations professionnelles de producteurs et d’opérateurs agricoles des quatorze régions du Sénégal marque peut-être le début d’une nouvelle gouvernance agricole. Un signal fort en faveur d’une agriculture où les décisions ne se prennent plus uniquement dans les bureaux de l’administration, mais avec ceux qui produisent, investissent et nourrissent le pays.Inscrite dans la vision et orientations des nouvelles autorités cette concertation traduit une volonté de rompre avec les méthodes qui ont longtemps éloigné les producteurs des centres de décision.Le pari est ambitieux , il s’agira de faire de l’écoute, du dialogue permanent et de la co-construction les fondements de l’action publique. Pendant plusieurs heures, producteurs, éleveurs, transformateurs et opérateurs agricoles ont partagé leurs préoccupations relatives aux subventions, au financement, aux chaînes de valeur, à la commercialisation et à la valorisation des productions nationales.Au-delà du diagnostic, le Gouvernement s’est engagé à agir. Le Ministre Dr Cheikhou Oumar Bâ a assuré que les difficultés pouvant être réglées rapidement feront l’objet de mesures immédiates, tandis que les réformes plus structurelles seront intégrées dans les prochaines campagnes agricoles.Cette volonté de transformation s’appuie sur un cadre juridique solide : la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale et Halieutique (LOASPH). Fruit d’un long processus de réflexion, cette loi, dont Dr Cheikhou Oumar Bâ avait coordonné les travaux techniques avant son entrée au Gouvernement, est appelée à devenir la colonne vertébrale des réformes destinées à moderniser durablement les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et des ressources naturelles.Les représentants des organisations professionnelles n’ont pas caché leur satisfaction. Ils ont unanimement salué une démarche qu’ils qualifient d’ouverture , participative et porteuse d’espoir. Pour eux, associer les producteurs à la définition des politiques publiques n’est pas une faveur, mais une exigence pour garantir des réformes adaptées aux réalités du terrain.L’enjeu dépasse la seule organisation d’une rencontre. Il s’agit désormais de transformer les engagements en actes. L’agriculture sénégalaise ne peut relever les défis de la souveraineté alimentaire, de la compétitivité, de l’emploi des jeunes et de la résilience climatique sans une gouvernance rénovée, où les organisations professionnelles deviennent de véritables partenaires de l’État.Le référentiel Sénégal 2050 et la devise « Jub, Jubal, Jubanti » prennent ici tout leur sens. La bonne gouvernance, la transparence, la redevabilité et l’équité devront désormais guider l’action publique afin que les fruits de la croissance agricole profitent d’abord aux femmes et aux hommes qui travaillent la terre, élèvent le bétail et assurent la sécurité alimentaire du pays.Comme l’ont laissé entendre plusieurs participants, l’heure est venue de mettre fin à un système où les efforts des producteurs enrichissent d’autres acteurs sans améliorer durablement leurs conditions de vie. Le véritable changement sera celui qui replacera le producteur au centre des politiques publiques, de la création de richesse et du partage équitable de la valeur.Cette rencontre constitue ainsi un test grandeur nature de la nouvelle gouvernance agricole. Les attentes sont immenses. Les producteurs jugeront désormais les réformes à l’aune de leurs effets concrets sur les exploitations familiales, les revenus, l’accès aux marchés, aux intrants, au crédit et aux innovations.L’agriculture sénégalaise est en marche et le défi n’est plus seulement de produire davantage, mais de produire autrement, de gouverner autrement et de construire, avec les acteurs de terrain, une souveraineté alimentaire durable au bénéfice de toute la Nation.Babacar sene journal Agropasteur
